Les nouveaux développements de la crise en Europe, affectant particulièrement le secteur bancaire (Fortis, Dexia, B&B, Hypo Real Estate, UniCredit) et l'absence de réponse globale à la crise font sombrer les marchés et expliquent l'inquiétude des investisseurs. 'Cela devient un problème de plus en plus global qui nécessite de plus en plus une réponse globale', a déclaré Dwyfor Evans, stratégiste chez State Street Global Markets à Hong Kong interrogé par Reuters.
Hier, les bourses européennes dévissaient entre 6% et 10%, avec un CAC 40 qui a chuté de 9,04%, à 3 711,98 points, soit sa plus forte baisse depuis sa création en 1988. Le Dax allemand a pour sa part reculé de 7,07%, à 5 387,01 points, tandis que l'indice britannique a décroché de 7,85%, sous les 4 600 points.
Sans surprise, ce sont surtout les financières qui sont victimes de la défiance des opérateurs. Ainsi, Dexia a perdu plus de 20%, à 6,806 euros, Société Générale, 11,83%, à 60,52 euros, et Crédit Agricole, 10,04%, à 13,845 euros.
Les manœuvres de restructuration du paysage bancaire européen ne rassurent guère non plus. BNP Paribas vient de racheter les activités belges de Fortis, Banques Populaires et Caisses d'Epargne discuteraient rapprochement d'après Le Monde, l'italien Unicredit va vers une augmentation de capital.
Du côté américain, malgré l'adoption du plan Paulson de sauvetage du système financier américain, Wall Street a fini également en forte baise ce lundi. Le Dow Jones s'est replié de 3,58% sous le seuil des 10 000 points, ce qui n'était pas arrivé depuis quatre ans, et le Nasdaq a reculé de 4,34%, à 1862,85 points. Le Dow Jones a même perdu jusqu'à 800 points en cours de séance, soit la plus forte baisse en une seule séance de son histoire.
Pour sa part, le Nikkei affichait ce matin à la mi-séance une glissade de 3,1%, à 10 146,48 points, après avoir passé sous la barre des 10 000 points, atteignant un plus bas niveau de cinq ans.
Sommet d'urgence
La France propose que les pays membres du G8 tiennent un sommet d'urgence afin de contenir les effets de la crise financière alors qu'une réunion avec le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie s'est tenue samedi à Paris. Les quatre protagonistes de cette réunion comptent organiser un sommet d'ici à la fin de l'année.
Le président Nicolas Sarkozy avait déjà appelé à une réunion au sommet lorsqu'il s'était exprimé devant la presse à l'issue d'une intervention devant les Nations unies fin septembre.
Le Japon, qui a accueilli le dernier sommet du G8, envisage de délibérer sur la question avec d'autres membres du groupe.
Les ministres des Finances du G7 -Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie et Japon- et les banquiers centraux devraient aborder cette idée d'une réunion d'urgence lorsqu'ils se rencontreront à Washington vendredi.
'Il y a une réunion des ministres des Finances ce week-end', a déclaré le Premier ministre japonais. 'Nous devons d'abord voir l'issue de cette réunion' avant d'envisager un sommet d'urgence.
Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a quant à lui formulé l'espoir que des réunions des responsables financiers du G7 se dégagera le sentiment qu'ils coopèrent, afin de calmer les marchés. Mais, pour lui, la crise financière est une 'piqûre de rappel' montrant qu'une coopération internationale plus large est requise.
'Le G7 ne fonctionne plus', a-t-il déclaré. 'Il faut un nouveau groupe pour une nouvelle ère. Le nouveau multilatéralisme, s'accordant à notre époque, aura besoin d'être un réseau flexible et non pas un système figé ou unitaire'.
Une récession mondiale peut être évitée avec un plan coordonné, a déclaré aujourd'hui à Manille l'ancien président du Fonds monétaire international, Michel Camdessus.
Selon lui, une guérison peut être espérée d'ici à la fin 2009 si les dirigeants mondiaux arrivent à coordonner leurs actions.
C.L. (avec agences)