Devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants américaine, Richard Fuld a été accusé d'avoir récupéré 500 millions de dollars de salaire et de primes lorsqu'il était à la tête de Lehman Brothers qui a fait faillite en septembre dernier.
En outre, Richard Fuld a versé d'importantes primes à certains collaborateurs.
Pourtant, interrogé, l'homme ne 'se reconnaît aucune responsabilité pour l'effondrement de Lehman'.
'Vous avez pu empocher près d'un demi-milliard de dollars et je vous demande si cela est juste pour le PDG d'une société en faillite. C'est inimaginable pour beaucoup de gens', a interrogé le président de la commission parlementaire, Henry Waxman à l'adresse de Richard Fuld.
'Ce qui est fondamentalement injuste à propos de l'effondrement de Lehman, c'est son impact sur l'économie et le contribuable', a dénoncé le président de la commission parlementaire.
'Beaucoup d'experts pensent que la chute de Lehman a provoqué l'étranglement du crédit dont souffre notre économie et qui a rendu nécessaire le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars', a-t-il ajouté.
'Alors que M. Fuld et les autres dirigeants de Lehman s'enrichissaient, ils entraînaient Lehman Brothers et notre économie vers un précipice', a déploré Henry Waxman.
Evoquant l'idée d'une réforme du système financier américain, il a déclaré : 'Nous ne pouvons pas continuer à avoir un système où les dirigeants de Wall Street privatisent les bénéfices et socialisent les pertes'.
Cette audition de Richard Fuld devrait être la première d'une longue liste des dirigeants des établissements bancaires qui ont perdu pied dans la crise financière.
Une affaire en écho avec la fin des parachutes dorés en France
Cette affaire fait écho à la volonté des autorités françaises à poser des limites sur la pratique des parachutes dorés.
Hier, pressé par Nicolas Sarkozy, le patronat français a adopté un code de conduite qui encadre les rémunérations des chefs d'entreprise et interdit les parachutes dorés.
Le code de conduite du Medef prévoit que les chefs d'entreprise ne pourront plus s'abriter derrière le droit du travail français. Jusqu'à présent, certains patrons cumulaient les avantages : un salaire royal de dirigeant, et la protection garantie aux simples salariés, par exemple sous forme d'indemnités de départ.
En revanche, les recommandations du Medef ne fixent aucune limite chiffrée aux rémunérations
C.L. (avec agences)