Alors que le pétrole grimpe de record en record, atteignant dernièrement son plus haut historique de 144,39 dollars, l’industrie du transport aérien est sous pression.
La hausse du prix du pétrole est un coup dur pour les compagnies aériennes qui voient s’amenuiser leurs profits. Depuis 12 mois, c’est au total de 99 milliards de dollars (63,15 milliards d’euros) qui s’est ajouté sur les factures de pétrole des compagnies.
La flambée du brut a fait passer la facture kérosène de 13% des frais généraux à prés de 35% en un an. Ce changement de proportion a entraîné la faillite pour déjà 24 compagnies en juste six mois, a indiqué Giovanni Bisignani, le directeur général de Iata.
«24 compagnies aériennes ont fait faillite dans les six derniers mois et baril de pétrole à 130 dollars réorganise l'industrie même comme nous parlons», a expliqué un porte-parole de l'Iata.
Les compagnies qui ont été les plus touchées sont celles qui n’ont pas rajeuni leur flotte composée de vieux avions consommant plus de kérosène, mais aussi les compagnies low-cost où le carburant représente une part plus importante de leurs dépenses. D'ailleurs, les low-cost espagnoles Vueling et Clickair ont annoncé leur fusion pour survivre dans un secteur fortement concurrentiel.
«La consolidation du secteur ne se présente pas de la même manière qu’il y a quelques mois. Il y a un an, elle passait presque exclusivement par la fusion entre les entreprises et par le regroupement d’entreprises.
Désormais, quand on voit la situation économique et le prix du carburant, on peut se dire que la consolidation va passer, aussi et peut-être principalement dans les mois à venir, par la disparition de certains acteurs», nous avait indiqué fin mai Philippe Calavia, directeur financier d'Air Francce-KLM, lors d'un entretien.
Les compagnies taillent dans les effectifs
Alors que certaines compagnies rehaussent leurs gammes pour pouvoir répercuter plus facilement le prix du pétrole sur le prix du billet, tel Lufthansa, certaines n’ont d’autres choix que de tailler dans la masse salariale pour survivre.
Dernièrement, American Airlines a annoncé la suppression de 6 840 postes sur un total de 85 500 employés, dont 900 postes d'hôtesses de l'air et de stewards, en conséquence des réductions de capacités annoncées fin mai.
Alitalia, la compagnie italienne, qui a failli rejoindre le groupe Air France KLM, a finalement trouvé une solution de secours avec la banque Intena Sanpaolo. Pour autant Aristide Police le président d’Alitalia ne connaît pas encore l’impact sur sa masse salariale du plan de sauvetage d’Intensa Sanpaolo. Ce plan de sauvetage ne sera connu que fin juillet.
Une concentration pour mieux survivre
Aujourd’hui, les compagnies aériennes se regroupent pour mieux supporter la flambée du prix du pétrole et le ralentissement de l’économie mondiale. AirFrance et Delta mais peut-être bientôt British Airways, Iberia et American Airlines souhaiteraient ainsi créer une société commune dont l’activité principale serait les vols transatlantiques.
Au sein de l’alliances Skyteam, Air France-KLM et Delta-Northwest, et Star Alliance de Lufthansa et United ont déjà expérimenté cette solution. Celle-ci permet un meilleur remplissage des appareilles limitant ainsi les dépenses en pétrole.
Depuis deux jours le prix du baril de Brent est en repli, cette tendance impacte positivement les valeurs aériennes. Air France-KLM progresse de 3,38%, à 15,30 euros, prenant en fin de journée la tête du CAC 40.
An. R.