Après la démission la semaine dernière des deux dirigeants de la banque franco-belge, Axel Miller et Pierre Richard, il fallait trouver des remplaçants le plus vite possible au vu de la situation fragile qui émane de Dexia ces dernières semaines.
C’est désormais chose faite, la banque a annoncé, ce mardi, la nomination de l’ancien Premier ministre belge de 1992 à 1999 Jean-Luc Dehaene au poste de président du conseil d’administration, remplaçant Axel Miller, et de Pierre Mariani, membre du comité exécutif de la banque BNP Paribas au poste d’administrateur délégué de Dexia, remplaçant Pierre Richard.
Les deux anciens dirigeants avaient été sommés de partir lorsque les Etats belge et français ont décidé d’intervenir pour éviter l’écroulement de Dexia. Les deux Etats ainsi que le Luxembourg ont apporté leur soutien à hauteur de 6,4 milliards d’euros afin que la banque puisse procéder à une recapitalisation.
L’Etat français a avancé un milliard d’euros, tandis que la Caisse des dépôts et consignations en a avancé deux et l’Etat belge trois.
Une des conditions de ce soutien était le départ des deux dirigeants Axel Miller et Pierre Richard. De plus, Axel Miller a dû renoncer à son parachute doré de 3,7 milliards d’euros, ce qui s’inscrit dans le projet de loi évoqué en France pour réglementer la pratique des primes de départ dans les entreprises.
Hier en fin de journée, le Premier ministre belge, Yves Leterme, a rencontré Nicolas Sarkozy pour évoquer l’avenir de la banque Dexia. «Dans les jours qui viennent, nous allons prendre de concert des décisions, des initiatives pour renforcer la banque Dexia. Dans les jours qui viennent, dans les heures qui viennent, il y aura des pas concrets qui seront franchis», a-t-il déclaré après sa réunion avec le président français.
Des rumeurs de scission des activités de la banque franco-belge inquiètent les investisseurs et expliquent le maintien en tendance baissière du cours du titre Dexia. Le Figaro rapportait que la banque étudierait «plusieurs hypothèses, dont une scission de l'établissement bancaire». Ils redoutent un scénario à la Fortis, dont les services financiers ont été répartis entre BNP Paribas, la Belgique et le Luxembourg.
Le titre Dexia a connu une importante chute de plus de 20% ce lundi et poursuit sa descente ce mardi en perdant 7,34% à 6,31 euros vers 13h40.
C.L.