Après son rachat de British Energy, le groupe d'énergie français s'était déjà positionné comme un élément actif dans la perspective d'éventuelles nouvelles acquisitions. Ainsi, Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, indique au Financial Times, dans une interview, que son groupe entend être présent lors de la concentration du secteur de l'énergie.
'La restructuration n'est pas encore finie. Seuls de grands groupes peuvent assurer le financement des investissements nécessaires', explique Pierre Gadonneix au Financial Times. 'Lorsque l'on construit une centrale, on se lance dans un financement sur 60 ans. Cela ne peut être fait que par de très grands groupes', renchérit-il.
Selon le dirigeant du groupe d'électricité historique français, les pays européens devraient se mobiliser pour créer une politique énergétique commune afin de gérer notamment la hausse des prix. 'Nous devons préparer une stratégie pour tous les prix énergétiques élevés. C'est un nouveau facteur de l'environnement et cela nécessitera des investissements énormes', déclare-t-il au Financial Times.
Outre British Energy, EDF avait tenté de racheter son partenaire américain Constellation Energy. Il s'était fait dépasser par le milliardaire Warren Buffett alors même que son offre était supérieure. Le groupe français s'est lancé dans une contre-offre par le biais d'un regroupement avec les fonds de capital investissement américains KKR et TPG Capital.
Actuellement, EDF détient une part de 9,51% dans le capital de Constellation Energy. De plus, les deux groupes ont monté une société commune, UniStar, afin d'exploiter des centrales nucléaires de type EPR aux Etats-Unis. EDF prévoit déjà de construire quatre centrales de ce type aux Etats-Unis.
Pour Pierre Gadonneix, l'important c'est de donner 'la visibilité' nécessaire aux besoins du secteur de l'énergie pour que les 'investisseurs' puissent 'fournir les très grosses sommes dont nous avons besoin', souligne-t-il dans le Financial Times.
Par ailleurs, le PDG d'EDF revient sur les soucis que le groupe rencontre dans la gestion de la construction de l'EPR de Flamanville. Les coûts sont plus élevés que prévu reconnaît d'ailleurs Pierre Gadonneix. De fait, le coût initial de 3,3 milliards d'euros renvoie à des euros de 2005, avance le PDG au Financial Times.
Ce lundi vers 13h50, le titre EDF chutait de 5,64%, à 47,055 euros, à la bourse de Paris.
C.L.