
Le prix Nobel de médecine a été décerné à l'Allemand Harald zur Hausen et aux Français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier pour leurs travaux respectifs en virologie.
Le professeur Harald zur Hausen, de l'Université de Düsseldorf, a démontré le lien entre le virus du papillome humain (HPV) et l'apparition du cancer du col de l’utérus. Il s'agit du deuxième cancer en terme de fréquence chez la femme. Sa découverte permet désormais de vacciner les jeunes filles pour prévenir la maladie.
Il lui a fallu travailler une dizaine d'années en allant à l'encontre des hypothèses de l'époque pour prouver sa théorie. Il postulait que si les tumeurs cancéreuses provenaient bien du virus, leur génome devrait contenir de l'ADN viral. Mais ce n'était pas simple à démontrer, car il ignorait quelles souches du virus du papillome humain étaient en cause (plus d'une centaine sont connues aujourd'hui), sans compter qu'il fallait trouver des morceaux d'aiguilles d'ADN viral dans une botte de génome humain.
L'entêtement d'Harald zur Hausen a néanmoins fini par payer, lorsqu'il a découvert en 1983 la souche HPV16, un type de HPV cancérogène inconnu jusqu'alors. Par la suite, il a pu montrer que 70% des cancers du col de l'utérus étaient associés avec les souches HPV16 et HPV18. Ses recherches ont permis de faire le lien entre le HPV et d'autres types de cancers et de mieux comprendre la cancérogenèse virale.
Le prix Nobel de médecine revient également en moitié à Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier qui ont isolé le virus du SIDA (VIH) et identifié ses méthodes de transmission, une découverte capitale comme on le sait, puisque l'épidémie touche aujourd'hui près de 1% de la population mondiale âgée de 15 à 49 ans.
Ils classèrent le rétrovirus du SIDA dans la famille des lentivirus, les virus qui ont une longue période d'incubation. Leurs recherches ont permis aux autres laboratoires de cloner rapidement le génome du HIV-1, d'étudier son développement et de créer des méthodes de dépistage. Cela a permis de réduire grandement la vitesse de progression de l'épidémie.
Sources:
Nobel Prize,
BBC
ben
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6/10/2008