Au fil des réunions -celle du G4 (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie) samedi dernier notamment- des pays de l'Union européenne tentent de s'accorder sur des mesures pour faire face à l'aggravation de la crise financière. Le temps les y presse, les atermoiements font littéralement dégringoler les marchés.
Les ministres des Finances de la zone euro ont confirmé que l'UE se dirigeait vers la mise en place des réponses adaptées pour faire face à la crise et rétablir la stabilité des marchés tout en soutenant les banques. 'La première chose que nous devons faire est de travailler ensemble, de se coordonner et de trouver une solution pour rétablir la stabilité', a ainsi déclaré hier Christine Lagarde à la presse alors qu'elle se rendait à une réunion des argentiers de l'Union économique et monnétaire, alors que les dirigeants européens, ces derniers jours, se sont divisés sur la question de garantir les dépôts bancaires et sur la création d'un fonds européen de sauvetage des banques inspiré de celui mis en place aux Etats-Unis.
Vers un relèvement des garanties des dépôts bancaires
Ce mardi, lors de la réunion de l'Ecofin, les 27 pays membres vont surtout discuter de l'augmentation des montants de dépôts bancaires garantis et de l'accélération des paiements. Actuellement, la garantie des dépôts bancaires en cas de faillite est de 20 000 euros dans la plupart des pays européens. Ce seuil pourrait être élevé jusqu'à 100 000 euros afin de rassurer les épargnants et d'éviter des mouvements de panique.
Selon le site internet d'El Pais, la Banque centrale européenne serait sur le point de proposer de relever le niveau de garantie des dépôts bancaires à 100 000 euros. L'Irlande avait déjà effectué cette modification la semaine dernière. Outre ce pays, l'Allemagne, l'Autriche, la Suède, l'Espagne et le Danemark ont pris des mesures identiques.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a voulu rassurer de son côté en rappelant que la BCE se tenait prête à 'apporter au marché toutes les liquidités dont il a besoin aussi longtemps que nécessaire'.
L'UE veut harmoniser les conditions de garanties bancaires pour éviter des retraits massifs ou des fuites de capitaux vers des pays où les garanties sont meilleures. Les pays de l'UE veulent également réduire les délais de remboursements des clients d'une banque en cas de faillite.
'Il est important que la Commission fasse des propositions, comme elle le fera demain, mais il est aussi important que ces propositions reçoivent le soutien unanime des Etats membres', a expliqué le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.
L'idée d'un fonds de secours européen pour les banques faisait en revanche beaucoup moins l'unanimité. Nicolas Sarkozy avait même dû démentir une proposition de plan français dans cette direction lorsque l'Allemagne s'y était montrée particulièrement hostile, préférant les solutions nationales.
Néanmoins, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a souligné que les règles de l'UE en termes de marché intérieur, d'aide d'Etat et de discipline budgétaire étaient assez souples pour s'adapter à la 'situation exceptionnelle' et qu'elles n'avaient pas besoin d'être suspendues.
L'effondrement des bourses européennes ce lundi devrait pousser les pays à prendre des mesures concrètes afin de donner un signal fort aux marchés et aux populations.
C.L. (avec agences)