Les gouvernements européens volent au secours de leurs banques
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Dernier en date, le gouvernement portugais a décidé de «garantir» l'épargne des particuliers dans le pays. Avant lui, le gouvernement islandais avait annoncé la même chose. Tout comme le gouvernement suédois, qui s'apprête à garantir les épargnes bancaires jusqu'à hauteur de 500.000 couronnes (51.110 euros) par personne, soit un doublement du plafond habituel.
L'Allemagne a un plan «B»
La veille, le gouvernement allemand avait annoncé l'adoption d'un plan de sauvetage pour la quatrième banque du pays, Hypo Real Estate (crédits immobiliers), et promis une garantie d'Etat pour toute l'épargne des ménages allemands. Une somme évaluée alors à quelque 570 milliards d'euros, mais qui pourrait en fait selon la presse être supérieure à 1.000 milliards.
Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a par ailleurs déclaré ce lundi avoir «un plan B dans les tiroirs» pour venir à la rescousse du secteur bancaire allemand dans la tourmente, mais refusé de dévoiler plus de détails.
Le gouvernement autrichien avait emboîté le pas dimanche soir à son grand voisin en annonçant pour mercredi une augmentation de la garantie de l'Etat pour les dépôts bancaires et les produits d'épargne des particuliers. Le gouvernement danois a annoncé à son tour avoir convenu avec les banques d'un paquet d'aide pour assurer sans plafond les dépôts bancaires de la clientèle via un fonds alimenté dans les deux années à venir par au moins 30 milliards de couronnes danoises (4 milliards d'euros) versés par les instituts financiers.
Les banques anglaises recapitalisées
Le gouvernement britannique, lui, s'est dit est prêt à recapitaliser les établissements financiers via des prises de participation, indique la presse britannique ce lundi. Le contribuable pourrait ainsi prendre une part dans les banques, en permettant à celles-ci de retrouver la latitude de se remettre à prêter de l'argent.
L'Irlande, elle, a adopté jeudi dernier une loi controversée mettant en oeuvre une garantie gouvernementale illimitée aux principales banques irlandaises, soit une somme d'au moins 400 milliards d'euros. Une initiative très critiquée, surtout par les banques britanniques, très actives en Irlande et qui s'estiment discriminées.
Cacophonie au sein de l'UE
La discorde irlando-britannique entretient la cacophonie au sein de l'UE, malgré la réunion de crise organisée samedi par Paris entre les quatre membres européens du G7. La France, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont décidé d'assouplir les règles sur les déficits publics et la concurrence pour faciliter les sauvetages de banques. Mais cela se fera au cas par cas, l'Allemagne refusant tout plan à l'américaine.
«Nous sommes conscients que nous n'allons pas arriver très loin avec des solutions au cas par cas», a reconnu le ministre allemand des Finances dimanche. Avant d'ajouter: «Nous voulons déterminer nous-mêmes le mode d'action, nous ne voulons pas être dépendants des autres.» Une lourde tâche attend ainsi les ministres européens des Finances, appelés à trouver un front commun ce lundi et ce mardi à Luxembourg, dans le sillage du mini-sommet de Paris.

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Armel Le Cléac'h




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