Féculents et conserves à chaque repas
En 2001, le Programme national nutrition-santé avait fixé comme objectif «au moins cinq fruits et légumes par jour» et «des féculents à chaque repas». Mais une enquête réalisée il y a deux ans a montré que la consommation reste insuffisante: 42,8% des adultes et 20% des enfants de 3 à 17 ans consomment «cinq fruits et légumes» par jour et 49,1% des adultes et 33,1% des enfants consomment des féculents en quantité suffisante.
D'où la nouvelle campagne de distribution de dépliants et la diffusion de deux spots télévisés du 5 au 27 juin, axée sur deux points.
Frais, surgelé ou conserve, même combat
Les fruits et légumes frais, surgelés ou en conserve ont les mêmes qualités nutritionnelles, assure la nouvelle campagne officielle. Mais pour le médecin consultant nutrition, Laurent Chevalier, auteur d'«Impostures et vérités sur les aliments», «il ne faut pas tout mettre dans le même sac.»
Les fruits et légumes frais ou surgelés, «c'est grosso modo la même chose», a-t-il expliqué dans un entretien à 20minutes.fr. Les surgelés conservent plutôt bien les propriétés nutritionnelles, même si certaines vitamines peuvent être altérées, ce qui est également le cas des produits frais mal conservés.
En revanche, les conserves, en plus de perdre des vitamines, contiennent souvent des sucres ajoutés. «Favoriser une alimentation en conserve n'est pas une bonne idée», surtout avec la baisse du pouvoir d'achat. Les Français risquent de se tourner presque exclusivement vers les conserves, beaucoup moins chères que les produits frais.
Des féculents à tous les repas
Il faut aussi manger des féculents à tous les repas. Pain, pâtes, riz, pommes de terre... Tout est bon, proclame le ministère de la Santé. «En tant que nutritionniste, ce n'est pas quelque chose que je vais préconiser», explique Laurent Chevalier. Il y a le problème de la valeur calorique, donc de la quantité. Accompagner son repas d'un morceau de pain ou manger une platée de pâtes «ce n'est pas exactement la même chose.»
Pour le nutritionniste, le problème de ce genre de campagne c’est le risque d’une mauvaise interprétation. Une enquête sur les précédents messages sanitaires a montré que les messages n’étaient pas toujours bien compris. Par exemple, 44 % des sujets exposés à une publicité pour un yaourt aux fruits accompagné du message sur les fruits et légumes pensent, à tort, que ce yaourt fournit 1 des 5 portions de fruits et légumes quotidiens recommandés.
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