Santos Mirasierra est-il, selon l'expression de son avocat, le premier prisonnier politique de l'histoire du sport ?
| Oui | 60% | |
| Non | 35% | |
| Nsp | 5% |
Les temps changent. L'an dernier, Nancy affichait dix points au compteur après quatre journées. Moitié moins cette saison. Pablo Correa, qui s'est longuement confié jeudi matin, attend de son équipe qu'elle se libère totalement. La victoire face au Havre samedi (2-1) a peut-être lancé la saison nancéenne.
«Pablo Correa, hormis le résultat et son importance, quelles sont les évolutions que vous avez pu constater lors du dernier match contre Le Havre ?
Chaque match est différent. Lors des trois premiers, jamais nous n'avons eu la maîtrise du jeu pendant 90 minutes et on prend deux points. Face aux Havrais, l'équipe a dominé son sujet en seconde période, après une première mi-temps très difficile. Là , nous avons gagné. Parce que les joueurs ont eu une belle réaction. Ils se sont révoltés. Ils ont prouvé qu'ils pouvaient prendre trois points sans tout maîtriser.
Avez-vous pris le temps de chercher les raisons de cette entame chaotique ? Est-ce les effets de la préparation physique ? D'une non-qualification pour la Ligue des champions mal digérée ? D'une intégration difficile des recrues ?
La préparation physique a été quasiment la même que l'an dernier. Mais cela peut constituer un début d'explication. Comme l'intégration des recrues, qui peut prendre du temps. L'année dernière, le groupe n'avait pas bougé. Pour les automatismes, c'était idéal. Cet été, plusieurs joueurs sont arrivés. L'amalgame peut prendre un peu de temps. Certains découvrent la Ligue 1, comme (Joël) Sami et (Julien) Féret. (Abdeslam) Ouaddou, même s'il a déjà joué à Nancy, a besoin d'un peu de temps. Tout cela est normal. Par contre, je ne crois pas à l'influence de la non-qualification en Ligue des champions. Les joueurs sont des compétiteurs, ils regardent devant. La page est tournée.
L'hypothèse d'un groupe manquant d'envie a été soulevée...
Non, non. Je n'ai aucun doute sur l'envie des mecs. Ils adhèrent à mon discours, au projet du club. On a mal débuté la saison et la victoire face au Havre fait du bien. La victoire appelle la victoire.
« Je ne suis pas figé dans un système »
Contre les Normands, on s'attendait à une sorte de révolution tactique. Le 4-2-3-1 presque habituel s'est mué en 4-4-2 en seconde mi-temps. Avec succès. Une expérience à renouveler ?
Vous savez, je ne suis pas figé dans un système. C'est vrai, j'ai beaucoup utilisé le 4-2-3-1 la saison dernière. C'est l'animation qui est importante, pas forcément le système. Samedi, on a joué avec deux attaquants, ce qui est assez rare en Ligue 1. Cela a bien marché. Le 4-4-2, pourquoi pas...
Au moins, il vous permet de faire jouer Jean Calvé et Mickaël Chrétien en même temps...
Oui. Calvé a voulu partir parce qu'il ne jouait pas assez. Il a parlé à la presse et cela ne m'a pas dérangé. Jean s'est intégré au groupe, mais il craignait pour son temps de jeu. Il est rentré samedi et a beaucoup apporté. Et Chrétien milieu de terrain, j'ai cette idée en tête depuis longtemps. "Micka" peut devenir un milieu de terrain de haut niveau.
Regrettez-vous que le club ne se soit pas renforcé davantage avant la fin du mercato ?
Pour moi, le recrutement effectué (Ouaddou, Calvé, Féret, Sami notamment) est bon. Mais incomplet. J'aurais souhaité un milieu de terrain et un attaquant supplémentaires. Alo'o Efoulou ne nous rejoindra que la saison prochaine. On a cherché, sans trouver. Mais il n'est pas impossible qu'on recrute cet hiver.
Cela signifie-t-il aussi que Nancy n'est pas encore assez glamour ?
C'est certain. Le club progresse, il a un beau stade, de bonnes structures, un centre de formation de qualité et des moyens intéressants. L'équipe a remporté une Coupe de la Ligue en 2006 et a terminé quatrième en 2008 - son meilleur classement - mais il manque encore sans doute quelque chose pour faire venir des stars. Le climat, peut-être... (rires)
Ce sera difficile de faire mieux cette saison...
Oui. Cela implique de terminer troisième, deuxième ou premier ! Par rapport à des clubs comme Monaco ou le PSG, qui disposent de moyens plus importants que nous, Nancy se comporte bien. Terminer dans la première partie du classement pour un club comme l'ASNL signifie que la saison est réussie. Les supporters sont exigeants. C'est normal. Les sifflets ne m'atteignent pas. Je n'ai qu'un but, protéger mon groupe... »
Propos recueillis par Alexis BILLEBAULT, Ã Nancy

