Finaliste de la Coupe Ronchetti en 2002 et du Championnat en 2003, le Tarbes Gespe Bigorre était progressivement rentré dans le rang (4e de la LFB en 2004 et 2005, 5e en 2006, 8e en 2007 et 10e en 2008). Mais, après avoir quasiment renouvelé son effectif durant l'intersaison, l'équipe des Hautes-Pyrénées se retrouve coleader avec Bourges et invaincue après dix journées !
« Un travail d'équipe avant tout »
« On est bons, on est bons », glisse malicieusement François Gomez, l'entraîneur tarbais. Dix matches, dix victoires. Il y a de quoi l'être effectivement. Mais le technicien du TGB tempère rapidement : « Attention, on n'a encore rien gagné. On peut être content mais les événements importants viennent au printemps ». L'équipe féminine de Tarbes ne s'enflamme pas de son départ canon. Question d'humilité, un des fers de lance du groupe cette saison. « Et puis le bilan, c'est en fin de saison qu'on le tire », avance Isabelle Yacoubou-Dehoui, la pivot du club et de l'équipe de France. Il n'empêche que Tarbes a pris une trajectoire inattendue depuis que le championnat a repris. Songez que sur les onze joueuses qui composaient le groupe la saison dernière, deux joueuses seulement ont été conservées (Yacoubou-Dehoui et Elizabeth Moeggenberg). Après s'être maintenu mais avoir tout de même empoché le Challenge Round, le Tarbes Gespe Bigorre a choisi de se reconstruire, de gommer plusieurs saisons guère ponctuées de succès « On avait surtout ciblé le profil de joueuse qu'on souhaitait faire signer, explique François Gomez. On ne s'est pas focalisé sur l'individu. Et ça a été une bonne surprise de voir que nous ne nous sommes pas trompés. »
Les bons points à distribuer sont pour l'Américaine Tanisha Wright, arrivée en provenance du championnat israélien, et pour N'Deye N'Diaye, « qui a répondu au-delà de nos espérances », dixit Gomez. Tarbes a aussi enregistré les retours de la Bulgare Polina Tzekova et de Béatrice Castets. Et l'entraîneur pyrénéen de saluer également l'apport de deux jeunes joueuses, la Suédoise Frida Eldebrink et l'Ukrainienne Taisiia Bovykina. Mais la vraie leader de l'équipe, c'est bien Isabelle Yacoubou-Dehoui. « Elle est devenue incontournable, confie François Gomez. Mais on savait qu'elle avait un vrai potentiel. » La pivot tarbaise tourne à 15 points et 11,7 rebonds par match mais refuse tout statut particulier. « C'est grâce à mes coéquipières que j'en suis là , affirme-t-elle. C'est un travail d'équipe avant tout ». De l'humilité mais aussi de la satisfaction. Yacoubou-Dehoui admet que ce que vit le TGB est « kiffant » Et la joueuse de l'équipe de France de préciser : « C'est vrai qu'on ne se connaissait pas au début de la saison. Mais, comme tout le groupe est très jeune, l'intégration s'est fait plus facilement. Après tout, on parle et on rigole toutes de la même chose. »
L'Euroligue, un nouvel objectif
Et Tarbes a repris doucement goût au basket. Le public avait boudé ses joueuses pendant deux-trois ans. Mais les spectateurs se font de nouveau entendre dans le Palais des sports. Ce qui ne trouble pas François Gomez. « Au contraire, il faut rester vigilant par rapport à cette euphorie, indique-t-il. Tarbes est une petite ville qui attendait des résultats. Mais c'est toujours très fragile, tout ça, et il y a encore beaucoup de matches à venir. Mais les joueuses sont concentrées. Elles vivent sur le présent et pas sur l'histoire du club ». En dix matches, l'équipe des Hautes-Pyrénées a décroché des succès importants à l'extérieur, contre Lattes-Montpellier (64-59), Challes-les-Eaux (62-57) et, samedi dernier, Aix-en-Provence (57-56). Il lui reste cependant à croiser le fer avec les deux ogres du basket français, Bourges (le 7 décembre, à domicile), également invaincu et coleader, et l'Union Hainaut (samedi prochain, à la maison également). « Ces deux matches auront une certaine saveur car ça fait longtemps qu'on n'a pas battu une des ces équipes, reconnaît Gomez. Mais il n'y a pas de préparation particulière. Bourges paraît hors de portée mais il n'y a pas de complexe à nourrir. Si on bat ces deux équipes, tant mieux, sinon on oubliera la défaite au travers du prochain match. » A Tarbes, peu importe l'adversaire, on reste serein et on prend les matches les uns après les autres. Seule (petite) évolution par rapport aux objectifs fixés en début de saison : le TGB qui visait une place dans le Top 5 hexagonal, rêve maintenant d'une place dans le dernier carré. Synonyme de qualification pour l'Euroligue. - Olivier PAQUEREAU

