
L'hiver dernier, Sandrine Bailly a échoué de peu à remporter la Coupe du monde de biathlon, mais si la Française a digéré sa deuxième place, elle est bien décidée à tordre le cou à sa réputation de biathlète incapable de s'exprimer lorsqu'elle est attendue. «Cela ne peut pas continuer comme cela», prévient Bailly avant le début de la saison mercredi à Oestersund, à deux mois de «son» grand objectif, les Championnats du monde 2009.
«Comment avez-vous digéré votre défaite de 13 points face à l'Allemande Magdalena Neuner lors de la dernière étape de la saison dernière ?
Je n'y pense déjà plus, je me suis vite dit que j'avais fait une très belle saison, même si c'est vrai, je n'ai pas été très gracieuse avec Neuner après coup, car je suis mauvaise perdante et orgueilleuse. Neuner est très jeune et elle a déjà tout gagné, elle a d'énormes qualités physiques, mais un énorme défaut, son tir debout où elle passe souvent à travers. Mais encore heureux, sinon elle serait sur une autre planète. En tous cas, pour moi, cela a confirmé que j'étais sur la bonne voie, je suis capable d'être régulière, je ne suis jamais loin de la gagne.
Le grand rendez-vous, ce sont en février les Championnats du monde de Pyeong Chang (Corée du Sud), un site qui vous réussit bien...
La saison dernière, lors de l'étape de Coupe du monde, j'ai pris la deuxième place du sprint et remporté la poursuite. C'est une piste qui me convient, car elle est difficile avec de belles montées. Comme je suis légère et que j'ai une bonne condition physique, c'est clair, ce site est pour moi. C'est important aussi pour bien appréhender les JO, car les JO, c'est les Mondiaux puissance dix en termes de pression. J'ai hâte aussi de découvrir la piste des JO-2010 en mars, même si on la dit pas très difficile.
Depuis 2004, vous n'êtes plus montée sur un podium d'une épreuve individuelle d'un grand championnat...
Cela ne peut pas continuer comme cela. Il faut que je me prépare physiquement spécifiquement pour les grands rendez-vous et j'ai déjà prévu de faire des impasses cet hiver, notamment à Anterselva (Italie) qui sera une sorte de stage de préparation. Cela passe aussi par des changements sur moi. Je garde tout pour moi, je ne dis pas quand cela ne va pas, je donne l'impression que tout va bien, mais ce n'est qu'une façade, il a fallu que j'apprenne à plus partager, à essayer de communiquer avec les coaches. J'ai compris que je ne pouvais pas y arriver toute seule.» (AFP)

