
«Les histoires d'amour finissent mal, en général.» Jean-Luc Ettori (photo L'Equipe) est bien placé pour en parler, il en est même «la preuve». Licencié en juillet dernier après 33 ans passés à Monaco (1975-2008), l'ancien portier puis directeur sportif monégasque a mis le temps pour digérer cet épisode douloureux. «Je voulais prendre du recul. M'évader, explique-t-il mardi dans Nice-Matin, cinq mois après les faits. Le jour où le président De Bontin m'a annoncé mon licenciement, je croyais que la "Tête de Chien" me tombait sur la tête. Je ne m'y attendais vraiment pas. D'ailleurs, le jour où il m'a convoqué, je suis arrivé avec des dossiers !», raconte-t-il.
Le détenteur du record de matches joués en première division (754) revient également sur les faits qui lui ont été reprochés : «Non, je n'ai pas touché d'argent sur les transferts, dit-il. Je n'ai pas de rancoeur. Le football est ainsi. Comme la société d'ailleurs. Sur le plan de l'honnêteté, je n'ai rien à me reprocher et je peux regarder dirigeants, joueurs, supporters, droit dans les yeux. Je ne les baisserai jamais». L'ancien gardien international semble toutefois ne pas encore avoir tourné la page. «J'ai toujours le sentiment de vivre un mauvais rêve. La réalité est difficile à vivre quand vous avez été lié comme moi à une seule couleur. Monaco c'est mon club, ma ville. Essayer d'oublier, c'est y penser».
Pas besoin de thérapie mais presque pour Ettori. La meilleure pour lui serait peut-être de reprendre du service, pour ne pas ressasser. «Si un club, avec un projet intéressant me contacte, pourquoi pas, avance-t-il, mais je suis tellement estampillé Monaco que cela les effraie ».

