Julie Coin, 188e joueuse mondiale, a réalisé la sensation de la journée en s'offrant une victoire splendide contre Ana Ivanovic, la n°1 mondiale en trois manches (6-3, 4-6, 6-3). Evidemment sur son nuage, la Française, installée en Caroline du Sud depuis 2002, est tout de même restée lucide en constatant qu'Ivanovic s'était montrée loin de son meilleur niveau. Avec une joie communicative et beaucoup de réalisme, Julie Coin s'est confiée sur son match et sur sa vie de joueuse habituée du circuit ITF. Peu avant l'US Open, elle avait même pensé arrêter le tennis à la fin de la saison.
«Julie Coin, vous venez de battre la n°1 mondiale, qu'est-ce que vous ressentez en ce moment ?
Je ne sais pas ! Je ne pense à rien du tout, je profite simplement de l'instant et je verrai bien ce qui m'attend pour la suite. Je joue match par match et on verra bien. Je n'ai pas encore réalisé que j'ai battu la n°1 mondiale, je n'ai pas non plus réalisé que je l'avais fait sur un si grand court. Je ne sais même pas comment je vais parvenir à m'endormir cette nuit ! Sur la balle de match, je me disais ''allez c'est le dernier point, c'est ce point que tu dois gagner'' et toute la pression est venue d'un coup. Je ne sais pas comment j'ai fait, aujourd'hui c'était juste le jour parfait. Peut-être que je vais comprendre ce qui m'arrive demain ou bien quand mon tournoi sera terminé.
Est-ce que vous avez noté des faiblesses dans le jeu d'Ana aujourd'hui ? Est-ce que vous avez eu l'impression qu'elle avait du mal avec son jeu et qu'il y avait donc quelque chose à faire ?
Elle a commis de nombreuses fautes directes en coup droit comme en revers, mais surtout en coup droit. Je n'ai pas trouvé qu'elle bougeait très bien non plus. Elle ne pouvait pas vraiment compter sur un coup fort aujourd'hui mais le plus marquant c'est qu'elle a beaucoup raté. J'ai eu des points gratuits et je me suis dit qu'elle était plus nerveuse que moi ! Si elle voulait rester n°1, elle devait bien jouer ici, donc elle avait la pression. En plus elle revient de blessure et n'a pas beaucoup joué. C'est dur aussi pour les meilleures vous savez. Moi tout ça c'est du bonus, mais elle vous allez écrire que ''Oh mon dieu elle a perdu contre la 188, etc.''.
Est-ce que c'était dur de gérer l'ambiance autour du court, de rester concentrée ?
Non pas du tout. J'ai un préparateur mental depuis décembre et nous avons beaucoup travaillé sur ça. Aujourd'hui je voulais juste profiter de cette occasion, me faire plaisir et, vous savez, c'est génial de gagner un point et d'entendre le public qui se déchaîne. Après la balle de match, tout le monde hurlait !
Vous êtes principalement une joueuse du circuit ITF, qu'est-ce que cela représente pour vous de pouvoir évoluer sur la WTA ?
L'ITF c'est vraiment dur, les conditions ne sont pas faciles, vous devez vous débrouiller toute seul, et ce n'est pas facile d'entrer dans le Top 100 pour jouer les WTA car la concurrence est terrible. J'ai encore beaucoup de travail avant d'être capable de jouer plus de tournois WTA donc je pense que le circuit ITF ce n'est pas encore fini pour moi ! Récemment, je ne jouais pas bien et je me demandais même si j'étais destinée à être une joueuse de tennis, si un jour je serais dans le Top 100. parce que ça ne sert à rien de jouer sinon, vous restez dans l'ombre et vous ne gagnez pas votre vie. Donc à un moment j'ai même pensé arrêter à la fin de la saison. Maintenant je crois que je vais envisager de continuer !»

