Daniel Niculae parle à nouveau aux journalistes. Après le décès de son père dans les heures suivant un Roumanie-Lituanie désastreux (0-3) début septembre, l'attaquant auxerrois (photo L'Equipe) avait décidé d'observer une longue période de deuil et de silence médiatique que personne n'avait osé profaner. «De toute façon, après cela, je n'avais vraiment plus la tête au foot», précise-t-il. Deux mois plus tard, l'ancien joueur du Rapid Bucarest est partant pour évoquer tous les sujets. Sauf celui concernant l'équipe nationale. Mercredi soir, il n'était pas de la dernière sauterie de l'année à Bucarest, face à la Géorgie (2-1). «Je ne parlerai pas de la sélection», prévient Niculae dans un sourire. A Auxerre, il se raconte aussi que Victor Piturca, le très austère sélectionneur roumain, n'a pas fait étalage d'une grande psychologie avec Niculae ces derniers temps.
Aujourd'hui encore, la douleur de la perte de son père ne s'est pas atténuée. Le drame revient ponctuellement dans la conversation. Et il explique en grande partie le début de saison plutôt terne du meilleur buteur auxerrois de l'exercice 2007-2008 (11 buts). «Après l'Euro 2008 et une saison pleine, j'ai eu des vacances assez courtes. Après deux jours d'entraînement, je me suis blessé au tendon d'Achille et cela a perturbé ma préparation, ce qui m'a fait manquer le début du championnat. Je suis allé en sélection pour le match contre la Lituanie, et mon père est parti», explique l'attaquant dans une longue tirade, sans se chercher d'excuses. «A Auxerre, tout le monde a été extra avec moi.»
Plus de sept mois sans but
Compréhensif, le club lui avait même accordé dix jours pour rester en Roumanie auprès de sa mère et de son jeune frère. Et Jean Fernandez lui a toujours maintenu sa confiance. «Je joue régulièrement. Je n'ai pas encore marqué, mais pour moi, ce n'est pas le plus important. En Roumanie, j'avais déjà connu un passage à vide, sans marquer pendant des mois.» En Ligue 1, son dernier but remonte au 30 mars, lors d'une victoire à Lille (2-0, 31e journée). Lors de ses deux premières années à l'AJA, Daniel Niculae avait attendu à chaque fois la huitième journée pour ouvrir son compteur. «J'ai l'impression d'avoir vraiment lancé ma saison il y a cinq ou six matches. En fait, elle vient de commencer.» Samedi soir face à Sochaux (1-0), il a offert à Kevin Lejeune le seul but de la rencontre. «En fait, Daniel n'est pas un vrai buteur. Il ne vit pas uniquement pour le but, comme Papin, Benzema ou Jelen chez nous. Il peut marquer, mais faire marquer lui procure autant de plaisir. C'est un attaquant moderne, qui sait se créer des occasions, se déplacer, bosser défensivement. Devant le but, il manque parfois d'adresse. Ce n'est pas un vrai finisseur. En plus, ses potes Tamas et Munteanu sont partis», argumente Jean Fernandez.
Quand il ressasse qu'il ne s'est jamais fixé un nombre de buts à marquer, Niculae corrobore l'analyse de son entraîneur, qui a fait de lui un titulaire. Mais puisqu'il est tout de même en partie payé pour cela, l'international roumain admet qu'il vivrait encore mieux si sa situation comptable personnelle cessait d'être figée. «Ça va venir. Il suffira d'un but, d'un déclic. Tous les attaquants connaissent des périodes de doute...» - Alexis Billebault (à Auxerre)


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