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jeudi 03 juillet 2008, 14:02
Photo : D.R.
La méthode de certification BREEAM
Comment mesurer au plus juste les impacts environnementaux d'un projet comme celui de la BEI ? Il existe en effet diverses démarches comme la Haute Qualité Environnementale (HQE) en France, le Leadership in Energy and Environemental design (LEED) aux Etats-Unis, le Green Building Challenge (GBC) au Canada. Mais celle qui semblait la plus aboutie et qui a été choisie pour la BEI est bien la démarche britannique BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method). « Elle permet en effet une approche multicritères des aspects environnementaux liés à la construction, à la rénovation, à l'exploitation d'un immeuble », explique Jean-Louis Hubermont. « Un bâtiment étant un système complexe à multiples variables, il faut cette approche multicritères pour mesurer les conséquences en cascade que peut avoir la modification d'un élément précis sur les autres éléments de la construction. Toucher aux consommations d'énergie peut amener à modifier les critères de confort thermique, de ventilation, de qualité de l'air intérieur, de confort acoustique, d'ambiance visuelle, etc. En outre, BREEAM permet de mesurer les performances environnementales d'un bâtiment tout au long de son cycle de vie », conclut M. Hubermont.
« En plus de veiller au bien-être de ses occupants, l'immeuble se veut un exemple et a été certifié suivant la Building Research Establishment Environmental Assessment Method ( BREEAM), une méthode mondialement reconnue. Il a obtenu la mention très bien », explique Jean-Louis Hubermont, représentant du maître d'ouvrage, la BEI, pendant tout le chantier.
Point de vue énergétique d'abord : la forme en W crée des jardins d'hiver et des atria qui servent de régulateurs thermiques entre l'extérieur et l'intérieur. En hiver, il faut compenser la différence de température, mais l'apport d'énergie est réduit vu la moyenne de température plus élevée grâce notamment à l'apport solaire à travers le verre. En été, ces atria et jardins d'hiver permetent la ventilation de l'ensemble ce qui évacue la chaleur solaire en trop.
« Le bâtiment est alimenté en chaleur par le réseau de chauffage urbain du Kirchberg (une centrale de cogénération). Le dégagement de chaleur est récupéré en été pour le refroidissement par le biais d'une installation dessicant cooling », précise M. Hubermont.
Des canalisations d'eau froide (18 à 19 º) ont été placées à l'intérieur des dalles en béton de la structure du bâtiment ce qui régule la température pendant les intersaisons et rafraîchit en été.
Certains triangles composant l'enveloppe vitrée sont des fenêtres qui, ouvertes, permettent un apport d'air frais de l'extérieur, une ventilation et un rafraîchissement de l'air intérieur et de l'ensemble du bâtiment surtout pendant les nuits chaudes.
Chaque bureau est équipé d'un boîtier de commande individuel qui permet d'activer les stores, l'éclairage et de régler la température. L'air frais arrive du système centralisé par des gaines situées dans le faux plancher. L'air chaud et vicié est extrait du bureau par une ventilation mécanique forcée. Les employés peuvent agir sur le ventilo-convecteur sur une plage d'environ - 3º à + 3º.
Toujours pour économiser l'énergie, l'éclairage général des bureaux privilégie la lumière naturelle. Quand il est artificiel, , il est limité à 300 Lux, seule la zone de travail est éclairée par une lampe de bureau à 500 Lux.
Enfin, le choix des matériaux de construction a été dicté par des considérations d'économie d'énergie : les cadres des façades intérieures (soit 11.000 m2) ont été construits en bois certifié plutôt qu'en aluminium plus gourmand en énergie lors de sa fabrication.
Le bâtiment consomme donc 50% d'énergie en moins par rapport aux immeubles de bureaux classiques.
Quant à l'eau, sa consommation est réduitepar l'instalaltion de chasses d'eau à double détente, par la récupération de l'eau de pluie pour l'arrosage des espaces verts.
Même le chantier de construction a été soumis aux règles de durabilité, explique Jean-Louis Hubermont. Sous la surveillance d'un bureau externe, l'application du Environmental Management System a permi de réduires les déchets et la pollution ainsi que les impacts sur les ouvriers et les riverains en terme de bruit et de poussière. Une politique très stricte de tri sélectif et de réemploi des déchets a été mise en place sur le chantier. Chaque travailleur a été sensibilisé à cela et une communication avec les riverains permet de traiter immédiatement les plaintes éventuelles.
La BEI voulait montrer l'exemple, elle a réussi !