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Après les 500.000 exemplaires vendus sur les escales de ses "Carnets de bord", Lavilliers a démarré un nouveau périple, une nouvelle aventure musicale. "Samedi soir à Beyrouth", son nouvel album, suit le fil conducteur d'une soul qui prend sa source dans le Tenessee et aborde les rivages jamaïcains pour finir sa course en France. C'est ainsi que Lavilliers conçoit l'avenir, rappeler sans cesse qu'il se nourrit de ce mélange éternel des genres et des cultures. En ce sens, il est toujours aux prises avec la plus forte actualité et la modernité. Ouvrant ses chansons aux chants du monde, le revoilà donc ambassadeur des couleurs, du mouvement, des échanges. Il nous rappelle que la soul, le reggae, la poésie se répondent et sont l'écho de nos propres mémoires.
"Solitaire", est le premier extrait de ce nouvel album. Ludique, mélancolique, ce ska provocateur et goguenard s'en prend à lui-même. Il pourfend l'auteur de ses propres lignes pour mieux le mettre au défi d'une écriture qui lui résiste et le guette, aux détours de chaque ligne...Lavilliers se malmène et se joue de ses propres mots pour nous mettre au coeur de l'intimité de l'acte d'écriture, jouant de la dérision et de la réalité très tendue d'un fait universel : on reste seul face à soi-même quand il s'agit d'avancer. Belle ellipse, beau poème, intime et joueur à la fois, hypnotique aussi. Un titre tendre et entêtant sur le désir de prendre la parole et de (se) surprendre, une fois encore.
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