Test : Turning Point - Fall of Liberty
Testé sur X360
Publié le 02/04/2008 Par Mathieu Chartier
Turning Point : Fall of Liberty est un titre que nous avions découvert à l’occasion du CODE07, l’événement annuel de Codemasters, et pour ne rien vous cacher, la présentation d’alors nous avait laissés particulièrement dubitatifs quant à l’idée du jeu en général et sa réalisation en particulier. Mais bons princes, et influencés par le tour de biceps du producteur du jeu, nous décidions de donner sa chance à Turning Point : Fall of Liberty. L’heure du verdict a sonné, et puisque monsieur muscles n’est pas dans le coin, on peut se lâcher. Ca tombe bien, il y en a des choses à dégommer, et pas que des Nazis !
Si la trame narrative de Turning Point : Fall of Liberty, uchronique au possible, avait de quoi attirer le chaland friand de fictions historiques, le ton et l’angle employés sont eux assez bancals. La jaquette du jeu annonce d’ailleurs la couleur : « La Seconde Guerre Mondial est perdue. Résistez ! ». Dit comme cela, c’est assez accrocheur. Et pourtant, la première heure de jeu suffit à démontrer que l’ambiguïté dans laquelle s’engouffre Turning Point : Fall of Liberty ne tient pas la route, et que ce qui aurait pu être un joli blockbuster ne s’encombrant pas des détails, se transforme en série Z qui s’attache à multiplier les clichés sans la moindre inspiration. Tout démarre sur un toit, où l’on dirige un simple ouvrier boulonnant, 50 étages au dessus du sol, les poutres métalliques d’un gratte-ciel New-Yorkais en construction quand les forces de l’Axe décident de mener une offensive sans précédant sur la Grosse Pomme. Les bombardiers s’engouffrent dans la ville par centaines, l’infanterie pleut de partout, et la ville entre dans le chaos le plus total en quelques minutes à peine. Le temps pour le joueur de prendre la mesure de la tâche qui l’attend, celle d’un anti-héros voué à sauver New-York, le pas lourd et la visée tremblotante. Une scène d’intro qui aurait pu – et dû – être grandiose (surtout avec la présence du logo Unreal Engine sur la boîte), mais malheureusement, c’était bien surestimer les californiens de Spark Unlimited qui abusent des fautes de goût et étalent sans la moindre pudeur une technique clairement datée.
Avec un peu de chance, l’IA (qui rivalise constamment de stupidité) réussira à agglutiner seule un deuxième ennemi à abattre derrière son viseur... Un multiplicateur de plaisir comme seuls les FPS les plus rudimentaires savent encore les faire. Mais quand l’équation compte un zéro, on a beau redoubler d’efforts, le résultat reste nul...
Alors on finit par prendre le jeu comme il aurait dû être présenté dès le départ : un FPS petit bras jouant dans la même cours qu’un Call of Duty, mais trois classes en dessous. Et c’est en supportant les innombrables bugs graphiques qui ponctuent l’odyssée que le joueur apprendra à se faire au rythme soporifique des échanges, dirigés par un perso qui doit se battre comme cloué au sol par des grolles en plomb. Côté visée, il faut également se faire au manque d’entraînement au tir de notre bonhomme auquel s’ajoute la précision toute relative des armes d’époque. Volontairement réaliste (ou pas !), Turning Point : Fall of Liberty n’arrive pas à trouver le bon compromis de l’aide à la visée. Peu agréable à manier, il faut donc se battre avec des armes au recul déroutant et jouer d’une certaine inertie dans les déplacements du viseur pour réussir tant bien que mal à s’approcher de la cible. Et c’est à ce moment là qu’il convient de shooter quelques cartouches afin de laisser la console faire le reste et venir positionner le curseur sur son ennemi. Avec un peu de chance, l’IA - qui rivalise constamment de stupidité - réussira à agglutiner seule un deuxième ennemi à abattre derrière son viseur... Un multiplicateur de plaisir comme seuls les FPS les plus rudimentaires savent encore les faire. Mais quand l’équation compte un zéro, on a beau redoubler d’efforts, le résultat reste nul. C’est mathématique ! Et comme on court souvent après les cartouches, Spark Unlimited a eu la deuxième presque bonne idée de Turning Point : Fall of Liberty : l’implémentation d’un système de combat au corps à corps. Prises, coups de poings directs, les animations finissent très vite par toutes se ressembler et l’ennui s’installer. Comble d’un jeu qui aurait bien au contraire dû être sauvé par son rythme enlevé. Reste à Turning Point : Fall of Liberty son background visuel, ce New-York en friches entièrement ravagé et ces combats dans l’ombre d’un Chrysler Building anéanti. Heureusement, le supplice n’est que de courte durée et l’intérêt quasi nul du multijoueur n’encouragera personne à traîner trop longtemps dans ces ruines du FPS.
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