Qui a profité des largesses de l’UIMM ?

Créé le 24/07/08 - Dernière mise à jour le 25/07/08 à 10h43
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Le Monde a publié dans son édition datée de vendredi une partie du témoignage de Jacques Gagliardi, ancien haut responsable de l'Union des industries et métiers de la métallurgie de 1979 à 1995, recueilli par le juge chargé de l'enquête sur les retraits suspects des caisses de l’UIMM. Ce témoignage accrédite l'hypothèse que ces fonds ont bénéficié non seulement aux syndicats, dont la CGT, à des partis politiques, mais aussi au CNPF, l'ancêtre du Medef. La CGT a réagi en dénonçant une "accusation sans fondement et sans preuve". C'est "une campagne contre la CGT" et "une stratégie de défense de la part des dirigeant de l'UIMM" a ajouté Maryse Dumas.

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La déposition est publiée en partie dans Le Monde daté de vendredi. Devant le juge Roger Le Loire le 16 juillet, Jacques Gagliardi, ancien haut responsable de l'Union des industries et métiers de la métallurgie de 1979 à 1995, a conforté les soupçons des enquêteurs sur un financement des syndicats et partis politiques par le patronat de la métallurgie. La justice qui cherche à comprendre qui a profité des fonds sortis en liquide et de façon suspecte des caisses de l’UIMM a notamment été mise sur la piste de la CGT, du PS ou encore du CNPF, l'ancêtre du Medef. Dans sa déposition, Jacques Gagliardi, qui est en fait l’ancien bras droit de Pierre Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995, n'apporte pas de preuves directes et ne fournit pas de noms. Quant à Pierre Guillen, il est décédé début juillet.

Pour Jacques Gagliardi, la CGT percevait "quelques centaines de milliers de francs tous les ans". D'autres syndicats, comme la CFDT ou FO, bénéficiaient "vraisemblablement" de ces fonds. "Des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand", a-t-il soutenu également. Dans sa déposition, Jacques Gagliardi revient enfin sur les largesses consenties par l'UIMM au Conseil national du patronat français, l’ancêtre du Medef. Des versements connus selon lui de l’actuelle direction du patronat, qui a pourtant toujours nié.

Le juge Le Loire enquête sur la destination de 16,5 millions d'euros en espèces des caisses de l'UIMM entre 2000 et 2007, une période beaucoup plus récente. Mais il cherche à connaître le contexte historique des pratiques du patronat de la métallurgie. Jacques Gagliardi a été lui mis en examen en juin pour "recel d'abus de confiance" dans ce dossier.

La CGT a réagi à ces accusations les qualifiant de "sans fondement et sans preuve". Pour Philippe Martinez, le secrétaire général du syndicat, le témoignage fait devant le juge "s'apparentait à de la diffamation". "On verra quelle suite juridique y donner", a-t-il ajouté, en remarquant que "le témoin faisait parler un mort". "J'ai le sentiment qu'il y a à la fois une campagne contre la CGT mais c'est surtout une stratégie de défense de la part des dirigeant de l'UIMM", a pour sa part déclaré Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT. La centrale syndicale a écrit une lettre au directeur du quotidien Le Monde pour lui faire part de son indignation. Ce qui a beaucoup choqué le syndicat, c'est en particulier la caricature du dessinateur Plantu à la Une du journal. Un dessin qui représente un ouvrier CGT aux poches garnies de billets par le patronat de la métallurgie.