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24/03/2008 - 01:30

Lyon connait le chemin

Football - Ligue 1


Vainqueur du PSG (4-2) lors de la 30e journée de Ligue 1, Lyon a fait un pas de plus vers un septième titre de champion consécutif. L'OL a désormais neuf points d'avance sur Bordeaux. A l'inverse, le PSG se rapproche de la Ligue 2. Il a deux points de retard sur Lens, premier non-relégable.

LYON - PARIS-SG : 4-2
Buts : Fred (8e, 36e), Govou (66e) et Juninho (72e) pour Lyon - Camara (45e) et Rothen (52e, s.p.)

Le miracle n'a pas eu lieu. Paris et son équipe cahin-caha en championnat ne sont pas parvenus à faire plier l'Olympique Lyonnais chez lui. Tout comme Bordeaux lors de la 27e journée, le PSG est reparti de Gerland avec quatre buts dans la musette (4-2). Même score, autre enseignement. Car si le résultat brut du match disputé dimanche soir semble logique au vu des deux forces en présence et pourrait s'apparenter à une petite gifle pour le club de la capitale, en réalité... il n'en est rien. Les hommes de Paul Le Guen se sont battus avec leurs armes et n'ont pas à rougir de leur prestation. Alors, certes, la défaite fut au bout au coup de sifflet final de Philippe Kalt. Mais sur la pelouse de Gerland, Paris a peut-être trouvé le déclic qu'il lui fallait.

Le déclic et LE collectif. Cet amas d'individualités rassemblé autour d'un seul objectif : le maintien du club en Ligue 1. D'ordinaire titubant, rarement génial ou alors par à-coups, souvent déficient et profondément indigent, le jeu parisien a trouvé un écho cohérent dans la capitale des Gaules. Pas forcément durant 90 minutes mais suffisamment pour plonger le septuple, pardon, sextuple champion de France dans la doute. 18e au soir de la 30e journée, les Parisiens n'ont pas eu d'autre choix que celui de lâcher la bride. Une politique louable, à condition que celle-ci fasse des petits, avec quelques ajustements en plus... car il ne faudrait pas que Paris oublie dans le même temps les quatre buts encaissés sur la pelouse lyonnaise, les quatre fois où sa défense a volé en éclats. Mais, fait rarissime dans la morose saison du PSG, Paris est parvenu à recoller au score après avoir été dominé 2-0, une première lors de cet exercice 2007-2008, démontrant au passage une ressource mentale qu'on ne lui connaissait pas. Ou plus.

Il fallait en avoir sous la chaussette et dans les tripes pour ne pas sombrer après 40 minutes cauchemardesques livrées sur le terrain des Gones. Incapable de sortir la tête de l'eau en début de partie, le PSG plie logiquement. Grosso s'y reprend à deux fois pour décocher une frappe en direction du but de Landreau. Le tir de l'Italien est manqué mais Fred passe victorieusement par-là (8e, 1-0). Avance rapide. Une mauvaise appréciation de Camara quelques minutes plus tard sur une ouverture de Bodmer se transforme en but carillonnant pour Fred (36e, 2-0). Un doublé qui fait du bien et qui enfonce un peu plus Paris dans le noir. Difficile voire impossible d'imaginer un retour probable des Parisiens. Mais c'est là que le PSG surprend tout son monde. Enterré, à l'image d'un Camara à côté de son sujet, le club de la capitale réagit. L'ancien Stéphanois allège sa note de frais en catapultant un corner de Rothen dans le but lyonnais (45e+1, 2-1). Un moindre mal lorsque l'on compile les situations chaudes obtenues en première période par la troupe parisienne.

Le carton orangé de Cris

Un tir dans la surface de Chantôme repoussé sur sa ligne (14e), une tête encore du milieu de terrain enlevée sur la ligne par Grosso et un retour décisif de Coupet devant Bourillon dans le même temps (32e). Chantôme. Un des symboles d'un PSG en quête de repères, de certitudes, de réveil. Repositionné meneur de jeu par Le Guen, le milieu défensif de formation tâtonne, avant de passer la seconde au retour des vestiaires. Une reprise sans Benzema pour Lyon, blessé involontairement par Camara dans le feu de l'action (28e). Entorse du ligament antérieur du genou gauche pour l'international français et peut-être une longue absence pour le meilleur buteur de Ligue 1. Un souci pour l'OL, un peu d'air pour le PSG, qui profite alors de la confusion générale pour faire le siège du camp rhodanien. Toulalan laisse traîner la main sur un corner de Souza repoussé par ses soins au premier poteau. Rothen s'exécute et trompe Coupet (52e, 2-2). La donne, complètement bouleversée, penche sérieusement en faveur des hommes du président Cayzac.

Jusqu'à la 63e minute de jeu. Diané, alerté sur le flanc gauche, repique dans l'axe et tente de passer Cris à la course. Charge volontaire et irrégulière du "Policier" alors que l'Ivoirien se présentait face à Coupet. Carton jaune. Le rouge restera dans la poche de M. Kalt. De là à parler de "bavure" de la part du roc rhodanien, il n'y a qu'un pas... D'autant que derrière, ce n'est plus tout à fait la même histoire pour le PSG. Un avertissement de Keita (64e) a vite tôt fait de donner des idées à Govou, finisseur parfait sur une action collective de grande classe (66e, 3-2). Lyon déroule tandis que Paris recherche son second souffle. Un temps que l'OL met à profit pour trouver la barre de Landreau (69e) et inscrire un quatrième pion par l'intermédiaire de Juninho (72e, 4-2). Emoussé physiquement, Paris aurait même pu franchement prendre le bouillon, à l'image de son début de match d'ailleurs mais Juninho manque la mire sur coup franc (82e) et bute sur Landreau (88e).

La chance a choisi son camp. Même un dégagement de Cris, pourtant bien parti pour tromper Coupet, ne prend pas la direction du but lyonnais. Paris devra se contenter du poteau (90e+1) et d'une nouvelle défaite, lourde certes mais ô combien riche d'enseignements. Tandis que les Parisiens méditeront sur leur nouvel état d'esprit et leur jeu presque totalement satisfaisant, tandis également que les Franciliens auront une pensée peu pacifique envers l'arbitrage de M. Kalt, Lyon savoure. Neuf points d'avance dans l'escarcelle, le titre se rapproche. Le septième. Bientôt, il sera temps de penser à la saison prochaine et au championnat 2008-2009. Avec le PSG ?

LA DECLA : Paul Le Guen (entraîneur de Paris-SG)

"Lyon est au dessus. Le score reflète la physionomie de la partie. A 2-2, nous n'étions pas loin de les faire douter. Il y a eu une action sur laquelle Cris a stoppé irrégulièrement Diane et sur laquelle il prend un avertissement. Nous n'étions alors pas loin de basculer du bon côté. Ensuite, l'OL a accéléré et a fait parler son potentiel. Nous avons fait le maximum. Nous avons essayé de faire face à la valeur de l'adversaire. Nous sommes à huit journées de la fin. Nous avons du mal à nous contenter du contenu. Nous sommes dans une situation précaire et difficile. Les joueurs font les efforts. Hormis quelques erreurs, on ne peut pas leur reprocher grand chose sur cette rencontre et je suis déçu du résultat".

Eurosport - Alix DULAC

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