
Le général Michel Stollsteiner, commandant de la force de l'Otan dans la région de Kaboul, a estimé dimanche que le commandement avait "péché par excès de confiance" lors de la préparation de la patrouille tombée dans une embuscade meurtrière lundi à Saroubi. Devant un groupe de journalistes français à Kaboul, il a fait valoir que la compagnie impliquée dans l'embuscade des talibans s'était déjà rendue dans cette zone "trois jours avant sans problème". "Il n'y avait qu'un seul endroit, en limite nord, où les villageois leur avaient dit, 'n'allez pas au-delà de cette limite parce que sinon on aura des problèmes'", a-t-il indiqué. L'embuscade et les violents combats qui ont suivi ont fait 10 morts et 21 blessés dans les rangs français.
Le général Stollsteiner a précisé qu'il avait donné depuis "l'ordre aux commandants de bataillon d'accentuer leur vigilance sur les points particuliers de leurs zones et lorsqu'ils ont le moindre doute". Il s'agit de disposer "à proximité, des appuis qui nous permettent d'accomplir la mission dans les meilleures conditions", a-t-il expliqué.
Morin et Kouchner devant l'Assemblée mardi
Selon le patron de la force internationale de l'Otan dans la région centre (Kaboul et ses environs), l'accent sera également porté sur le renseignement. "Nous pouvons demander des moyens de l'Isaf (la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'Otan, ndlr) qui permettent d'avoir une bonne vision du terrain que l'on va repérer", a-t-il précisé. Il peut "bien sûr" s'agir de drones, des avions sans pilote, mais les forces spéciales "font partie" des moyens supplémentaires souhaités, a spécifié le général Stollsteiner. "On les avait demandées avant même" l'embuscade de lundi, a-t-il dit.
Mardi, l'Assemblée va entendre les ministres de la Défense Hervé Morin et des Affaires étrangères Bernard Kouchner sur la politique de la France en Afghanistan, huit jours après l'embuscade meurtrière qui a rouvert le débat sur la présence militaire française dans ce pays. Si la majorité UMP serre les rangs derrière l'exécutif, les députés des commissions de la Défense et des Affaires étrangères veulent cependant tirer la leçon de l'incident le plus meurtrier pour des troupes françaises depuis 1983. Quel a été le déroulement de l'embuscade ? Des erreurs ont-elles été commises sur le terrain ? Les effectifs, le matériel et la tactique du contingent de 3.000 soldats français sont-ils adaptés à la situation ? La volonté des députés de comprendre rejoint celle affichée par Nicolas Sarkozy.
| Plus de 90 civils tués dans le bombardement de la coalition |
Plus de 90 civils afghans ont été tués vendredi dans un bombardement de la coalition sous commandement américain, dans l'ouest de l'Afghanistan, a annoncé dimanche le responsable de la commission d'enquête envoyée sur place par Hamid Karzaï. Le président afghan Hamid Karzaï a renvoyé dimanche un général pour "négligence" et "rétention d'information", après la mort de ces civils, des femes et des enfants pour la plupart. |
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