
Houllier : "Une nouvelle forme de jeu"
Football - Coupe du monde 2010
Le directeur technique national, Gérard Houllier, a défendu jeudi le maintien de Raymond Domenech à la tête de l'équipe de France, jeudi. Mais il souhaite qu'il "insuffle une nouvelle forme de jeu, faite d'allant offensif et de générosité". "On a les éléments pour ça", dit-il.
GERARD HOULLIER, pourquoi garder un sélectionneur qui a échoué ?
G.H. : Le même staff finaliste de la Coupe du monde en 2006 serait à jeter aux orties deux ans plus tard? Il y a nécessité d'améliorer le staff, pas forcément avec quelqu'un de la DTN, mais ceux qui ont appartenu à l'équipe de France. Mais c'est une réflexion menée en premier lieu par le sélectionneur, il ne s'agit pas de lui imposer qui que ce soit, et par moi. Il fallait savoir si (Domenech) avait la confiance des joueurs, il semble que les joueurs lui gardent leur confiance, c'est le plus important. Nous sommes pour la stabilité, la continuité et la solidarité, car c'est aussi une manifestation de solidarité.
Ancien défenseur lui-même, Raymond Domenech a une culture défensive comme entraîneur. Peut-il se convertir au football offensif ?
G.H. : Oui. Dans les missions, j'allais dire du nouveau sélectionneur, il y a deux choses, le technicien et l'homme communicateur. Le technicien a prouvé qu'il avait l'expertise, les résultats quelques fois. Et il connaît le vivier de jeunes joueurs qu'il a lancés. Il a la force physique et mentale pour relever les défis. Il a parlé d'un projet et d'une animation offensive, le football illustré par la victoire de l'Espagne (à l'Euro-2008), un projet collectif en prenant plus de risque, donnant le ton au football français. Il faut absolument prendre ce virage, rebondir sur ce Championnat d'Europe. Insuffler une nouvelle forme de jeu, faite d'allant offensif et de générosité. On a les éléments pour ça, notamment de très jeunes joueurs (Nasri ? Benzema ? Ben Arfa ?). Et le style dépend des joueurs. Si on a gagné (le Mondial) en 1998, c'est parce qu'on avait une bonne défense.
Personnellement, avez-vous été rapidement d'accord pour son maintien ?
G.H. : Il est arrivé à l'Euro dans une situation difficile: il ne pouvait pas gagner. Ou il n'emmenait pas les anciens et vous (les journalistes) lui auriez tiré dessus, ou il les emmenait (ce qu'il a fait) et cinq d'entre eux ont été soit blessés, soit avaient peu joué ou avaient des états d'âme. C'était une "no-win situation", comme disent les Anglais. Mais le vrai talent, c'est le rebond.














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