La chute des prix du pétrole, qui ont atteint des plus bas depuis près de quatre ans, a été entraînée par les ventes d'investisseurs en manque de liquidités et provoquée par les craintes de l'impact de la crise économique mondiale sur la demande.
A New York, le cours du «light sweet crude» est passé sous les 50 dollars quelques minutes après l'ouverture des échanges américains, pour la première fois depuis le 18 janvier 2007, tombant jusqu'à 49,75 dollars.
Peu avant, le cours du Brent échangé à Londres avait déjà cassé ce seuil, s'enfonçant même sous les 49 dollars, à 48,20 dollars, son plus bas niveau depuis mai 2005.
Après être grimpé pendant la première moitié de l'année de 100 à presque 150 dollars (avec un record de tous les temps à 147,50 dollars à Londres), le prix du baril a été divisé par trois en cinq mois.
Ce virage radical tient à la combinaison de trois grands facteurs: la cherté du baril, qui a refroidi les ardeurs des consommateurs, le ralentissement économique mondial et la crise financière qui a entraîné un retrait massif des acteurs spéculatifs.
Alors qu'il y a six mois, le marché était focalisé sur des craintes de pénurie d'or noir, le rapport offre-demande s'est renversé, faisant désormais redouter une surproduction, dans un contexte où tout incite les investisseurs à douter d'une fin prochaine de la crise.
Le pessimisme macroéconomique s'est nourri des chiffres publiés mercredi par la Réserve fédérale américaine, qui a revu en forte baisse ses prévisions pour l'économie des Etats-Unis, n'écartant pas la possibilité d'une contraction de l'activité l'an prochain, et a prévenu qu'un retour à la normale serait un chemin long et difficile.
La Fed a prédit que le Produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis devrait évoluer en 2009 dans une fourchette comprise entre -0,2% et 1,1%, revoyant ainsi en forte baisse ses anciennes projections.
De plus, les Etats-Unis semblent s'engager dans la voie d'une dangereuse déflation: l'indice des prix à la consommation a chuté de 1,0% en octobre, du jamais vu depuis la première publication de cette statistique en 1947.
En outre, le département américain du Travail a annoncé jeudi une nouvelle hausse du nombre des nouveaux chômeurs indemnisés aux Etats-Unis au cours de la semaine close le 15 novembre. Cette augmentation, une fois encore supérieure aux attentes des analystes, illustre la détérioration du marché de l'emploi aux Etats-Unis, alors que le taux chômage a atteint en octobre 6,5%, son plus haut niveau depuis 14 ans, et que la Réserve fédérale estime qu'il pourrait monter jusqu'à 7,6% en 2009.
Aucun secteur ne semble plus épargné par la crise actuelle. [TSR]
Quant au Japon, le pays a enregistré en octobre un déficit commercial de 63,9 milliards de yens (510 millions d'euros), ses exportations ayant subi leur pire chute en sept ans à cause du recul de la demande aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.
Ce rarissime plongeon dans le rouge de la balance commerciale nippone a surpris les économistes et n'augure rien de bon pour l'avenir de la deuxième économie mondiale, dont le commerce extérieur est le principal moteur, et qui est déjà entrée en récession au troisième trimestre.
Minés par ce nouveau regain de pessimisme, les marchés mondiaux ont chuté jeudi, dans le sillage de la dégringolade des bourses asiatiques. Les sombres perspectives de la Réserve fédérale américaine (Fed) combinées aux menaces de plus en plus réelles de déflation, ont fait plonger les marchés.
La Bourse de New York a terminé sur un nouveau plongeon jeudi, qui l'a ramenée au plus bas depuis cinq ans et demi, emportée par la dégradation de l'économie américaine et l'absence de réponse politique à la crise de l'industrie automobile: le Dow Jones a perdu 5,47% et le Nasdaq 5,11%. L'indice S&P-500, plus large, a pour sa part perdu 53,49 points (6,63%), à 753,09.
Plus tôt, les marchés asiatiques ont dévissé. Tokyo s'est effondrée de 6,89%. Hong Kong a dévissé de 4,04% et Séoul a terminé sur un plongeon de 6,70%.
Comme l'Asie, les places européennes ont souffert. A la clôture, le CAC de la bourse de Paris a lâché 3,48% terminant, terminant sous la barre des 3000 points pour la première fois depuis cinq et demi. Londres a perdu 3,26% et Francfort 3,08%. De son côté, le SMI a clôturé en baisse de près de 4%.
agences/ant/cer
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