TSR.CH

Toute l'information en vidéo

 
de 18:00
tsrinfo.tv en direct La Météo

La crise s'aggrave, pétrole sous les 50 dollars

20.11.2008 22:16
Le prix du brut au plus bas en raison de la morosité ambiante. [Keystone]
La crise a subi un coup d'accélérateur jeudi. Les bourses mondiales ont dévissé, plombées par de sombres pronostics aux Etats-Unis. Le prix du pétrole s'est enfoncé sous les 50 dollars à Londres et New York.

La chute des prix du pétrole, qui ont atteint des plus bas depuis près de quatre ans, a été entraînée par les ventes d'investisseurs en manque de liquidités et provoquée par les craintes de l'impact de la crise économique mondiale sur la demande.

Trois grands facteurs

A New York, le cours du «light sweet crude» est passé sous les 50 dollars quelques minutes après l'ouverture des échanges américains, pour la première fois depuis le 18 janvier 2007, tombant jusqu'à 49,75 dollars.

Peu avant, le cours du Brent échangé à Londres avait déjà cassé ce seuil, s'enfonçant même sous les 49 dollars, à 48,20 dollars, son plus bas niveau depuis mai 2005.

Après être grimpé pendant la première moitié de l'année de 100 à presque 150 dollars (avec un record de tous les temps à 147,50 dollars à Londres), le prix du baril a été divisé par trois en cinq mois.

Ce virage radical tient à la combinaison de trois grands facteurs: la cherté du baril, qui a refroidi les ardeurs des consommateurs, le ralentissement économique mondial et la crise financière qui a entraîné un retrait massif des acteurs spéculatifs.

Alors qu'il y a six mois, le marché était focalisé sur des craintes de pénurie d'or noir, le rapport offre-demande s'est renversé, faisant désormais redouter une surproduction, dans un contexte où tout incite les investisseurs à douter d'une fin prochaine de la crise.

Une déflation en vue aux USA?

Le pessimisme macroéconomique s'est nourri des chiffres publiés mercredi par la Réserve fédérale américaine, qui a revu en forte baisse ses prévisions pour l'économie des Etats-Unis, n'écartant pas la possibilité d'une contraction de l'activité l'an prochain, et a prévenu qu'un retour à la normale serait un chemin long et difficile.

La Fed a prédit que le Produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis devrait évoluer en 2009 dans une fourchette comprise entre -0,2% et 1,1%, revoyant ainsi en forte baisse ses anciennes projections.

De plus, les Etats-Unis semblent s'engager dans la voie d'une dangereuse déflation: l'indice des prix à la consommation a chuté de 1,0% en octobre, du jamais vu depuis la première publication de cette statistique en 1947.

En outre, le département américain du Travail a annoncé jeudi une nouvelle hausse du nombre des nouveaux chômeurs indemnisés aux Etats-Unis au cours de la semaine close le 15 novembre. Cette augmentation, une fois encore supérieure aux attentes des analystes, illustre la détérioration du marché de l'emploi aux Etats-Unis, alors que le taux chômage a atteint en octobre 6,5%, son plus haut niveau depuis 14 ans, et que la Réserve fédérale estime qu'il pourrait monter jusqu'à 7,6% en 2009.

Export japonais en recul

Aucun secteur ne semble plus épargné par la crise actuelle. Aucun secteur ne semble plus épargné par la crise actuelle. [TSR] Quant au Japon, le pays a enregistré en octobre un déficit commercial de 63,9 milliards de yens (510 millions d'euros), ses exportations ayant subi leur pire chute en sept ans à cause du recul de la demande aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

Ce rarissime plongeon dans le rouge de la balance commerciale nippone a surpris les économistes et n'augure rien de bon pour l'avenir de la deuxième économie mondiale, dont le commerce extérieur est le principal moteur, et qui est déjà entrée en récession au troisième trimestre.

Wall Street au plus depuis 5 ans

Minés par ce nouveau regain de pessimisme, les marchés mondiaux ont chuté jeudi, dans le sillage de la dégringolade des bourses asiatiques. Les sombres perspectives de la Réserve fédérale américaine (Fed) combinées aux menaces de plus en plus réelles de déflation, ont fait plonger les marchés.

La Bourse de New York a terminé sur un nouveau plongeon jeudi, qui l'a ramenée au plus bas depuis cinq ans et demi, emportée par la dégradation de l'économie américaine et l'absence de réponse politique à la crise de l'industrie automobile: le Dow Jones a perdu 5,47% et le Nasdaq 5,11%. L'indice S&P-500, plus large, a pour sa part perdu 53,49 points (6,63%), à 753,09.

Plus tôt, les marchés asiatiques ont dévissé. Tokyo s'est effondrée de 6,89%. Hong Kong a dévissé de 4,04% et Séoul a terminé sur un plongeon de 6,70%.

Comme l'Asie, les places européennes ont souffert. A la clôture, le CAC de la bourse de Paris a lâché 3,48% terminant, terminant sous la barre des 3000 points pour la première fois depuis cinq et demi. Londres a perdu 3,26% et Francfort 3,08%. De son côté, le SMI a clôturé en baisse de près de 4%.

agences/ant/cer

SUR CE SUJET

Automobile US: un accord en vue?

Des sénateurs américains républicains et démocrates ont indiqué être parvenus jeudi à un accord sur un plan de sauvetage pour l'industrie automobile, alors que la veille ces efforts étaient restés dans l'impasse. Mais peu après leur annonce, le chef de la majorité démocrate au Sénat américain Harry Read a affirmé qu'il n'y avait aucun plan pour le moment en vue au Congrès pour venir en aide au secteur automobile.
Les quatre élus à l'origine de l'initiative sont tous originaires d'Etats où General Motors, Ford et Chrysler ont leurs usines (Michigan, Ohio et Missouri).
Les débats sur la nouvelle législation avaient commencé mercredi au Sénat mais les propositions des démocrates se sont heurtés à l'opposition des républicains qui ont manifesté leur refus de ponctionner les 700 milliards de dollars du plan de sauvetage du secteur de la finance voté en octobre pour accorder une nouvelle aide à l'automobile.
Partout dans le monde, les constructeurs automobiles suppriment des emplois et réduisent la cadence de leurs usines. Le constructeur de poids lourds japonais Isuzu va congédier 1400 travailleurs temporaires, son compatriote Mazda 1300, et l'américain General Motors va suspendre l'assemblage de véhicules pendant deux mois en Thaïlande et supprimer 250 emplois.
Le groupe automobile Peugeot Citroën a annoncé jeudi vouloir mettre en place un plan de suppression de 3550 emplois en France par des départs qu'il affirme «volontaires», dont 850 pour le seul site de Rennes, en Bretagne.
Enfin, le motoriste aéronautique Rolls-Royce a annoncé jeudi qu'il envisageait de supprimer près de 2000 emplois en 2009 en raison de la baisse de la demande de ses produits. Ces suppressions d'emploi viennent s'ajouter aux 2300 annoncées en janvier dernier.

Prêt du FMI à l'Islande

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé mercredi un prêt de 2,1 milliards de dollars à l'Islande, premier pays d'Europe de l'Ouest à obtenir un crédit de l'institution multilatérale depuis la Grande-Bretagne en 1976.

L'économie islandaise, fortement dépendante de son système financier hyperactif à l'étranger, a été mise à mal par la crise financière, provoquant la chute de la devise du pays, la couronne. Le FMI prévoit que le PIB islandais se contractera de 10% l'année prochaine.

Les pays nordiques ont eux octroyé jeudi un prêt conjoint de 2,5 milliards de dollars (2 milliards d'euros) à l'Islande. Ce prêt s'ajoute à celui du FMI.

ARCHIVES