• Copé : «Arrêtons de dire que la majorité est déprimée !»

    Propos recueillis par Sophie Huet et Judith Waintraub
    01/10/2008 | Mise à jour : 07:44
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    Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale demande au gouvernement de lui transférer des fonctionnaires.

    LE FIGARO. - La crise financière n'est pas inscrite au programme des journées parlementaires de l'UMP. Pourquoi ?
    Jean-François COPÉ. - Au contraire, elle est omniprésente ! Il ne s'agit pas de faire un second discours de Toulon. Le président de la République a su trouver les mots justes pour expliquer notre politique et rassurer les Français. Pour les journées parlementaires, l'idée qui nous anime, c'est de se projeter au-delà, en relevant deux défis : comment transformer cette crise systémique en opportunité positive pour la France ? Et comment transformer notre métier de député pour répondre aux enjeux de la crise ? Ces journées vont donner le coup d'envoi de la réforme du travail parlementaire. J'aimerais que l'on donne une nouvelle image du Parlement.

    Après les couacs de l'année dernière, à Strasbourg, Nicolas Sarkozy a-t-il surveillé de près le programme de ces journées ?
    L'Élysée n'a ni supervisé ni validé le programme. En revanche, il est vrai qu'on en a longuement parlé avec Nicolas Sarkozy et mon homologue du Sénat, Henri de Raincourt. Le président nous a donné quelques bonnes idées, par exemple, d'utiliser des mots-clés pour expliquer notre message : modernité, unité, proximité, identité. Ces mots jalonneront nos travaux.

    Pourquoi l'ambiance serait-elle meilleure qu'à Strasbourg alors que la situation économique a empiré ?
    Cela n'a rien à voir ! Parce que cette crise nous préoccupe infiniment, nous les députés, devons répondre à une question majeure : comment être tous les jours plus utiles aux Français et à la réussite du président de la République ? En échange, je souhaiterais qu'on arrête de dire dans l'exécutif que la majorité parlementaire est déprimée. Nous sommes en pleine forme ! La meilleure preuve, c'est que nous voulons débattre de tout. Quand les élus découvrent les réformes dans les médias, comme cela a été le cas pour le RSA, ça les énerve, jusqu'au moment où la coproduction se remet en marche, et où on propose des amendements pour améliorer le texte. C'est comme lorsque nous demandons au président d'être vigilant face aux annonces dispersées sur le bonus-malus écologique : moi, je suis garant du débat, mais il ne faut pas considérer que, quand il y a débat, c'est que l'ambiance est mauvaise.

    Le Parlement va maîtriser la moitié de son ordre du jour. Comment va-t-il l'utiliser ?
    Nous aurons deux semaines par mois, une pour la production législative et une pour le contrôle de l'action gouvernementale. Les méthodes de travail et les moyens dont nous disposerons seront repensés, mais ce sera une opération à somme nulle pour le budget de l'État. À partir du moment où le gouvernement transfère à la majorité la compétence de faire des lois, il doit mettre une partie de ses collaborateurs - les hauts fonctionnaires - à la disposition du Parlement pendant le temps nécessaire. Par exemple, pour préparer la fusion Régions-départements que j'appelle de mes vœux.

    Pourquoi tenez-vous tant à ouvrir ce chantier ?
    Il faut un véritable big bang du redécoupage des compétences pour rendre l'action territoriale plus claire. Aujourd'hui, elle est illisible et exaspère les Français : pourquoi les Régions s'occupent-elles des lycées et les départements des collèges ? Cela n'a plus de sens. En outre, en période de disette budgétaire, il est aberrant de voir les budgets des Régions et des départements augmenter à ce point. C'est un chantier fondamental. Nous allons le lancer dès demain en constituant un groupe de travail incluant députés et sénateurs de l'ensemble de la majorité. Et si on veut aller jusqu'au bout de la démarche, il faut reporter à 2011 les élections régionales, car nous ne serons pas prêts en mars 2010. Quand on change les règles du jeu, il faut le faire dans la transparence. Nous avons jusqu'à l'été pour y réfléchir.

    L'Ile-de-France peut-elle servir de Région test pour cette réforme ?
    Non. En revanche, il doit y avoir une réflexion sur le Grand Paris. Nous ne devons pas nous interdire de créer une collectivité spécifique.

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