• Un retour en politique
    de Villepin n'est plus exclu 

    De l'un de nos envoyés spéciauxà Antibes, Bruno Jeudy
    03/10/2008 | Mise à jour : 21:23 |
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    Ces derniers mois, l'ex-premier ministre a rencontré à deux reprises Nicolas Sarkozy qui l'a sondé sur les questions internationales et a évoqué l'idée qu'ils «retravaillent ensemble». (François Bouchon / Le Figaro)
    Ces derniers mois, l'ex-premier ministre a rencontré à deux reprises Nicolas Sarkozy qui l'a sondé sur les questions internationales et a évoqué l'idée qu'ils «retravaillent ensemble». (François Bouchon / Le Figaro) Crédits photo : Le Figaro

    La rumeur d'une éventuelle entrée au gouvernement de l'ancien premier ministre a circulé aux journées parlementaires de l'UMP.

    Dominique de Villepin, le retour ? Après cinq cents jours de purgatoire, voilà l'ancien premier ministre plus très loin de la sortie du tunnel judiciaire dans lequel l'a conduit l'imbroglio Clearstream. Même si au fond de lui-même le président ne passera jamais l'éponge sur cette affaire, il a fini par ranger le «crochet de boucher» sur lequel il promettait de suspendre celui en qui il voyait le manipulateur des fichiers Clearstream.

    Les deux hommes ne viennent-ils pas de se revoir discrètement à deux reprises à l'Élysée ? Une première fois en juin. La seconde, le 5 septembre. L'ex-premier ministre est même entré «par la grande porte», glisse un de ses amis. Sarkozy a sondé le diplomate Villepin sur la crise géorgienne. Il a aussi voulu connaître ses avis sur les États-Unis et la Russie. Des pays où l'avocat Villepin se rend désormais régulièrement pour ses affaires. «Que voulez-vous Dominique ?», lui a demandé le président. «Rien», a rétorqué l'ancien premier ministre. «Il faut qu'on retravaille ensemble», a alors insisté le chef de l'État.

    Villepin ministre de Sarkozy ? A priori farfelue, la rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre à Antibes à l'occasion des journées parlementaires de l'UMP. Drôle de retournement de situation. On imagine mal en effet Sarkozy et Villepin «cohabiter» à nouveau.

    « Un aveu de faiblesse »

    À l'Élysée, certains semblent pourtant rêver d'un «gouvernement de combat» qui permettrait de faire face aux difficultés économiques et internationales. L'occasion donc de faire rentrer un ou deux ex-premiers ministres mais aussi des chiraquiens (François Baroin ou Christian Jacob). Certains voient carrément Villepin en futur ministre d'État à la tête des Affaires étrangères, Européennes et du Commerce extérieur. Dans la majorité, l'hypothèse n'est pas vraiment prise au sérieux. «Ce serait un terrible aveu de faiblesse pour Sarkozy», assène un filloniste. Jean-Louis Borloo n'y croit pas : «Pour Sarkozy, Villepin, Raffarin et Juppé, c'est le passé. Il veut faire monter une nouvelle génération à l'UMP.» Interrogé par La Croix sur une entrée au gouvernement, Villepin l'exclut sans l'exclure : «Ce n'est pas mon état d'esprit. On verra bien de quoi demain sera fait.» Une fois de plus, il se montre aimable avec le président.

    Déjà, le 24 août, lors du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», il avait tenu des propos apaisants, signes d'un homme qui veut briser la solitude politique. Villepin a rangé les couteaux. Mais a-t-il encore envie de faire de la politique ? Dix-huit mois après son départ de Matignon, il se dit «heureux» dans sa nouvelle vie, celle d'un avocat d'affaires, poète et écrivain à succès. Une reconversion inédite pour un ancien locataire de Matignon. S'il refuse de briguer un de mandat d'élu, l'ex-premier ministre ne serait évidemment pas contre une «mission» au service de la France. «Même si cela peut étonner, il y a une connivence entre Sarkozy et Dominique plus forte qu'entre Sarkozy et Juppé», assure un de ses anciens collaborateurs.

    Dans l'immédiat, Villepin n'est pas mécontent de voir le vent tourner. «On ne lui crache plus dessus», se félicite Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault et fidèle d'entre les fidèles. «Dominique ne demande rien, affirment ses amis. Si ceux qui dirigent la France ont besoin de lui, il saura leur répondre.» Un proche des deux hommes résume : «À l'échelle d'un an ou deux, Sarko peut très bien faire rentrer Villepin pour mieux préparer sa réélection.»

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