• Luca : «Il faut boycotter
    la retransmission des JO»

    Propos recueillis par Samuel Potier (lefigaro.fr)
    08/07/2008 | Mise à jour : 17:15 |
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    Lionnel Luca lors d'une séance à l'Assemblée nationale, avec un drapeau tibétain dans la main. (Stéphane de Sakutin / AFP)
    Lionnel Luca lors d'une séance à l'Assemblée nationale, avec un drapeau tibétain dans la main. (Stéphane de Sakutin / AFP) Crédits photo : AFP

    INTERVIEW - Lionnel Luca, député UMP et président du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée, justifie au Figaro.fr son appel au boycott puisque «rien de concret» n'a été décidé en faveur du Tibet.

    Il n'aime pas la langue de bois et ne compte pas y céder. Entouré de députés de droite comme de gauche (notamment Jean-Louis Bianco) et d'une quarantaine d'exilés tibétains, Lionnel Luca avait déjà manifesté en mars devant l'ambassade de Chine «contre la politique de répression envers le peuple tibétain». Il est aussi celui qui avait traité Bernard Kouchner de «collabo» sur le dossier du Tibet, reprochant au ministre des Affaires étrangères de «véhiculer la propagande chinoise». Dans un entretien au Figaro.fr, il lance un appel pour un boycott ferme des JO. Morceaux choisis.

    LE FIGARO.FR - Où serez-vous le vendredi 8 août, jour de la cérémonie des Jeux olympiques d'été à Pékin ?

    Lionnel LUCA - Je ne serai pas devant mon poste de télévision ce jour-là, ne serait-ce que pour ne pas aggraver l'audience des dirigeants chinois. Avec d'autres parlementaires, nous demandons le boycott des retransmissions télé des Jeux olympiques. Le Tibet souffre toujours d'une identité culturelle bafouée, d'une surveillance permanente de l'administration chinoise et d'une absence de liberté religieuse.

    Nicolas Sarkozy va-t-il recevoir le dalaï-lama, quitte à froisser les autorités chinoises ?

    J'espère que le chef de l'Etat aura la bonne idée de l'accueillir sur notre territoire, car le rôle positif de la France sur la question tibétaine doit continuer après les JO. Mais cette éventuelle rencontre ne pourra pas prendre la forme d'une visite d'Etat, car le Tibet n'a pas de représentant officiel. Nous pourrions accueillir le dalaï-lama en tant que Prix Nobel de la Paix par exemple.

    Les conditions sont-elles réunies pour que Nicolas Sarkozy se rende aux JO, comme toutes les discrétions le laissent entendre ?

    La reprise du dialogue entre les émissaires du dalaï-lama et Pékin n'a débouché sur rien de concret. A l'issue des discussions le 2 juillet, il a été proposé qu'une date soit retenue d'ici à la fin de l'année pour de nouvelles discussions. C'est maigre et très vague. Il ne faudrait pas que le Tibet retombe dans l'oubli, alors qu'il a au contraire besoin d'espoir pour reconquérir son indépendance.

    Quelle action envisagez-vous pour manifester votre désapprobation ?

    Après une session extraordinaire chargée en juillet, le Parlement sera en vacances au moment des Jeux. Difficile donc d'envisager une action au Palais-Bourbon. Il n'est par ailleurs pas question de perturber le Congrès de Versailles, nous ne mélangeons pas tout. Nous ne voulons pas non plus être confondus avec des agités irresponsables, comme ce jeune homme qui avait arraché la flamme olympique des mains d'une handicapée lors du passage du cortège à Paris. C'est pourquoi nous avons décidé de nous rendre à l'ambassade de Chine au lendemain du 14 juillet pour y réclamer des visas. Puisqu'on nous dit que tout se passe bien dans le meilleur des mondes au Tibet, pourquoi des parlementaires ne pourraient-ils donc pas s'y rendre ?

    LIRE AUSSI : Nicolas Sarkozy devrait se rendre à Pékin pour les JO

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