• Les ministres pensent
    déjà aux régionales

    Judith Waintraub
    03/07/2008 | Mise à jour : 22:10
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    Dix des 27 membres du gouvernement se verraient bien tête de liste en 2010.

    La défaite historique de la droite aux régionales de 2004 lui autorise les plus grands espoirs pour 2010. Elle n'a rien à perdre, ou si peu : l'Alsace et la Corse, soit deux Régions sur vingt-deux, sont présidées par l'UMP. De quoi réveiller les ardeurs électorales au sein du gouvernement. Pour le moment, il ne compte que deux candidats déclarés : Roger Karoutchi et Yves Jego, qui se disputent la tête de liste en Ile-de-France.

    Les autres ministres tentés par l'aventure régionale n'ont pas besoin de recourir à des arguments aussi radicaux. Brice Hortefeux, par exemple, explique qu'il abordera la question du cumul «sans a priori ni posture», mais en se posant «une seule question : comment être le plus utile aux Auvergnats ?». Quand sa candidature sera officielle, bien sûr, puisque le ministre de l'Immigration ne s'est pas encore déclaré. Rien ne presse : le secrétaire d'État chargé de l'Emploi Laurent Wauquiez, qui aurait pu être son concurrent le plus dangereux dans la région, lui a déjà apporté son «soutien total».

    Le secrétaire d'État aux PME, Hervé Novelli, qui envisage de briguer la présidence de la Région Centre, refuse lui aussi de préciser ses intentions. De même que son collègue chargé de la Coopération Alain Joyandet, plus que probable tête de liste en Franche-Comté.

    Valérie Létard sollicitée pour le Nord-Pas-de-Calais

    Dominique Bussereau (Transports) est tout aussi discret. Il n'est pas encore tout à fait décidé à affronter Ségolène Royal en Poitou-Charentes, bien que Jean-Pierre Raffarin l'y encourage vivement. En 2004, la victoire de la socialiste dans l'ancien fief de celui qui était alors premier ministre avait été le symbole de la déroute de la droite.

    Et puis si Hortefeux peut raisonnablement penser qu'il sera encore au gouvernement en mars 2010, Bussereau, Joyandet ou Novelli préfèrent ne rien tenir pour acquis. Nadine Morano, chargée de la Famille, a une raison supplémentaire de rester muette : elle doit encore s'imposer face à Laurent Hénart en Lorraine. Le député de Meurthe-et-Moselle bénéficie notamment du soutien de Gérard Longuet. En outre, son investiture constituerait une bonne manière de l'UMP vis-à-vis des Radicaux valoisiens, dont Hénart est secrétaire général.

    Mais Nadine Morano est une femme, et la majorité en manque pour les régionales. Au gouvernement, la seule autre figure féminine susceptible de tirer une liste est Valérie Létard. La secrétaire d'État chargée de la Solidarité, qui vient de prendre la tête de la communauté urbaine de Valenciennes, n'a «pas très envie», selon son entourage, de se lancer à l'assaut de la Région Nord-Pas-de-Calais. Malgré les sollicitations pressantes de Nicolas Sarkozy, pour qui sa candidature serait aussi un moyen de satisfaire le Nouveau Centre. Les ex-UDF comptent bien par ailleurs obtenir la tête de liste en Haute-Normandie pour leur patron, Hervé Morin. Il paraît mieux placé que son rival UMP Antoine Rufenach, maire du Havre.

    Un dixième nom circule : celui de Xavier Darcos. Mais après sa défaite à Périgueux, le ministre de l'Éducation semble davantage tenté par les européennes dans le Sud-Ouest que par les régionales en Aquitaine. D'autant que Nicolas Sarkozy a encore répété mercredi à ses ministres du «G7» qu'il ne prendrait pas le risque d'être accusé de vouloir favoriser sa majorité en changeant de mode de scrutin avant mars 2010.

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