• Profs de finance : la saison
    des transferts est ouverte

    Aude Sérès
    14/04/2008 | Mise à jour : 12:30
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    La notoriété est l'élément de mesure principale dansce petit milieu d'enseignants-chercheurs. (Rea)
    La notoriété est l'élément de mesure principale dansce petit milieu d'enseignants-chercheurs. (Rea) Crédits photo : Nicolas TAVERNIER/REA

    Comme pour les footballeurs, chaque année, c'est le tempsdu mercatopour ces enseignants payés à prix d'or.

    uLe grand marché des enseignants-chercheurs en finance bat son plein pour la saison 2008. Plusieurs transferts se sont déjà négociés à prix d'or, de 130000 à près de 200000 euros pour certaines « pointures » de ce petit milieu.

    À l'image du «mercato» des clubs de foot, les plus prestigieuses business school américaines, européennes et maintenant asiatiques n'hésitent pas à mettre le paquet pour attirer les meilleurs. Les meilleurs, ce sont, selon un de leurs pairs, une communauté de 500 enseignants chercheurs très pointus de par le monde, dont une cinquantaine de Français.

    Profil type de ces oiseaux rares… et chers : entre 35 et 45 ans, des salaires qui oscillent entre 120000 à 170000 euros, un doctorat en finance, de préférence à Harvard ou Chicago et surtout des articles publiés dans les plus prestigieuses revues financières. Ce dernier point est très déterminant: tout d'abord parce que la notoriété est l'élément de mesure principale dans ce petit milieu. Ensuite parce que le nombre d'enseignants ayant publié dans des revues prestigieuses et notées alpha dans le jargon est pris en compte pour les classements des business school et des universités. «La première question que l'on pose à un candidat est souvent, dans le jargon, “combien avez-vous d'alpha?”», s'amuse Bernard Ramanantsoa, directeur général d'HEC. Certaines universités et grandes écoles, notamment outre-Atlantique, conditionnent même une partie du salaire à un objectif à moyen terme par exemple cinq ans de publications dans ces revues.

    Selon Jean-Christophe Meyfredi, enseignant et responsable de la chaire droit finance comptabilité, estime qu'«au cours de ces dernières années, on a assisté à une envolée des salaires d'environ 30%». Dans ce mercato, même si l'Europe reste encore derrière l'Amérique du Nord en terme de salaires, certains acteurs sont actuellement très offensifs sur le Vieux Continent. Parmi eux, l'Edhec, la London Business School ou encore le Swiss Finance Institute, qui rassemble plusieurs institutions spécialisés en économie et finances de Genève, Lausanne, Zürich ou Lugano. L'an dernier, l'Edhec a débauché Pierre Mella-Barral, venu d'HEC et a décroché pour l'occasion un salaire de 135 000 euros. René Garcia, auparavant à Montreal (Canada), Floracio Lopez-de-Silanes, un prof mexicain qui a notamment enseigné à Yale et Amsterdam ou encore Debraj Basu venu de la Cass University de Londres ont également rejoint la Grande école lilloise. Récemment, c'est un enseignant chercheur d'une université israélienne qui a été recruté par l'Edhec.

    110 heures de cours par an

    Une exemple parmi d'autres: un enseignant est arrivé l'an dernier à l'Edhec en provenance d'HEC. Ce qui l'a attiré: les conditions financières, avec un bond de salaire de quelque 20%… Pas anodin, quand on frôle les 140000 euros par an… De son coté, HEC ne veut pas être en reste et vient de recruter un enseignant pour le juteux salaire de 190000 euros et prévoit encore quelques arrivées.

    Dans une prestigieuse université texane, un jeune doctorant français vient de décrocher un poste avec un salaire de 220000 dollars (146000 euros). S'il est de bon ton d'enseigner dans une université américaine à un moment de sa carrière, certains jeunes chercheurs français, partis à l'étranger, reviennent parfois en France avec leur famille autour de la quarantaine.

    Paradoxalement, l'un des éléments déterminants de ces contrats en or est le nombre d'heures de cours que sont tenus d'assurer ces profs. La fourchette va généralement de 100 à 150 heures par an. En clair, plus le programme est léger, plus le candidat sera attiré. Cet enseignant est content, il a réussi à négocier de n'enseigner que 110 heures. «C'est un marché de starlettes, s'amuse l'un d'entre eux. Nous aimons être choyés…».

    Parti à Lugano il y a quelques années, François Degeorge, professeur au Swiss Finance Institute estime que le climat est plus propice à la recherche de ce coté du Léman. «Il est beaucoup plus facile en Suisse, explique-t-il, de trouver des fonds pour financer les thèses».

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