• Karoutchi prêt à lâcher
    son portefeuille

    Jean-Baptiste Garat
    04/07/2008 | Mise à jour : 08:25 |
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    Le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement songe à quitter le gouvernement s'il remporte la primaire UMP en mars 2009.

    L'air est lourd. L'orage menace. Roger Karoutchi jette un œil sur le jardin de l'hôtel de Clermont. Le regard du secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement est marqué par de profonds cernes. «Exc usez-moi, devance-t-il, mais les séances ont tendance à se poursuivre tard en ce moment.» La veille, premier jour de la session extraordinaire, l'Assemblée a suspendu ses travaux à plus d'une heure du matin. Roger Karoutchi saisi par la fatigue ? Il s'en défend. «Quand on mène une vraie politique de réformes, il y a beaucoup de textes, plaide-t-il sans modestie feinte. Je n'ai pas d'état d'âme. Ça fait des années que je ne prends quasiment pas de vacances, pas de week-ends.» Les «vacances» de M. Karoutchi devront encore attendre : à 57 ans, le chef de l'opposition au conseil régional d'Ile-de-France ambitionne d'en reprendre la présidence aux socialistes.

    Mais avant d'affronter Jean-Paul Huchon, qui pourrait briguer un troisième mandat à la tête de la Région en 2010, Roger Karoutchi a rendez-vous avec les militants UMP. En mars 2009, ils départageront les candidats à la candidature, aujourd'hui au nombre de trois : Roger Karoutchi, Yves Jégo, son collègue secrétaire d'État à l'Outre-Mer, et Rachid Kaci, président de La Droite libre et conseiller technique à l'Élysée.

    Cette primaire, Roger Karoutchi ne la redoute pas plus que cela : «Je ne serai pas Hillary Clinton, je serai Barack Obama», annonce-t-il en louant les capacités d'adaptation du démocrate. Pour emporter la mise, Roger Karoutchi abat ses cartes une à une. «Je ne vise pas la Région comme un tremplin de carrière, en pensant à l'après, à Matignon ou à l'Élysée», précise-t-il avant d'ajouter : «Si je suis désigné par les militants, je me consacrerai totalement à la campagne des régionales.» Quitte à démissionner dès mars ? Le secrétaire d'État n'exclut pas cette option.

    «Pas une commune, pas un canton que je n'ai sillonné»

    Portefeuille ministériel contre présidence de Région. Qui est prêt à relancer ? Yves Jégo. Il n'est entré au gouvernement qu'en mars dernier mais il s'aligne : «Quelqu'un qui a l'honneur de son parti pour une telle campagne doit y consacrer le maximum de son énergie.» Reste à savoir si la campagne commence dès mars 2009 ou à quelques semaines du scrutin en 2010.

    À deux ans des régionales, les deux hommes se répondent coup pour coup et se disputent une légitimité que seuls les militants viendront sanctionner. «J'ai effectué 722 déplacements en Ile-de-France depuis les dernières régionales», renchérit Roger Karoutchi, sûr de son effet. «Je ne suis pas le candidat naturel parce que c'est moi, parce que je suis président du groupe au conseil régional, parce que je suis proche de Nicolas Sarkozy, explique-t-il. Je suis le candidat naturel parce qu'il n'y a pas une commune, pas un canton, pas un département que je n'ai sillonné pour aller au devant des Franciliens.»

    Il revendique les soutiens écrits de 64 des 83 parlementaires de droite, de 85 conseillers généraux, de 86 maires de communes de plus de 5 000 habitants. Craint-il que d'autres candidats puissent reprendre la main, comme Christine Boutin ou Rama Yade ? «Toutes deux m'ont exprimé leur soutien.» Et celui de Valérie Pécresse ? Il sourit et coupe : «Je l'espère, je le souhaite, j'y travaille.» Roger Karoutchi jette alors un œil par la fenêtre. L'orage est passé. Au bout de la rue qui longe le jardin de l'hôtel de Clermont, il y a l'hôtel de Région.

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