• Hamon : «Le PS doit prendre la mesure du changement» 

    Propos recueillis par Nicolas Barotte
    02/10/2008 | Mise à jour : 12:31
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    «La politique de Nicolas Sarkozy ajoute de la crise à la crise», estime Benoît Hamon.
    «La politique de Nicolas Sarkozy ajoute de la crise à la crise», estime Benoît Hamon. Crédits photo : Le Figaro

    Le député européen est candidat au poste de premier secrétaire.

    LE FIGARO. - La réponse à la crise financière est-elle dans le retour à une forme de protectionnisme, comme le propose votre motion pour le congrès de Reims ?
    Benoît HAMON. - La question du protectionnisme n'est qu'une dimension de la crise actuelle. Nous sommes confrontés à un vrai renversement de paradigme. La convergence des crises financière, énergétique, climatique ou alimentaire démontre l'échec des théories néolibérales. Le libre-échange doit être restreint là où il affecte les modèles sociaux et notre capacité à protéger l'environnement. Plus que jamais, il faut changer de politique en Europe en créant un régulateur européen des marchés, en remettant en cause le secret bancaire et l'existence des paradis fiscaux, en rendant enfin possible de lever un grand emprunt européen, en imposant que la politique monétaire soit copilotée par la Banque centrale et par le Conseil européen. Le seul avantage des crises, c'est qu'elles permettent de bousculer l'ordre établi.

    La réaction de Nicolas Sarkozy a-t-elle été à la hauteur ?
    Comme d'habitude, il occupe le ministère de la parole et de la gesticulation. Le président a tenté d'effacer sa propre responsabilité dans la dégradation du pouvoir d'achat ou l'augmentation du chômage. La politique de Nicolas Sarkozy ajoute de la crise à la crise. Si le libéralisme dont il a été le promoteur est devenu «fou», comment justifier la privatisation de La Poste ?

    Tous les socialistes apportent-ils la même réponse à la crise ?
    Il existe un désaccord entre nous sur sa nature. Elle remet en cause des dogmes véhiculés par certains au PS depuis des années sur la nécessité du moins d'État et d'un recentrage. Le retour en force du besoin de régulation donne donc un coup de vieux à tous ceux qui s'autoproclamaient «modernes». Et un coup de jeune à ceux qui alertaient sur l'impasse d'un système où les marchés avaient cessé de financer l'économie réelle pour au contraire la ponctionner et la racketter. Alors je ne pense pas qu'on puisse remettre le système sur pied à coup de subventions publiques. La responsabilité des socialistes aujourd'hui est de prendre la mesure du changement. Si nous savons quel est le monde qui s'éteint, nous ne savons pas encore ce qui va naître. L'essor des nationalismes en Europe montre le danger de la période. Il faudra proposer davantage qu'un plan d'urgence pour colmater les ­brèches.

    La querelle pour le leadership du parti ne vous semble-t-elle pas décalée dans le contexte actuel ?
    Le PS est tout le temps décalé quand il donne l'impression que ses querelles priment sur le sort des gens. Ceux qui se livrent à la bataille pour le leadership viennent tous de la même famille politique. Ils ne sont séparés que par des nuances. Les seuls à porter une différence se retrouvent dans la motion que je présente.

    » DOSSIER SPECIAL - PS, la guerre de succession

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