• Peillon pour une alliance PS-MoDem au pouvoir

    Samuel Potier (lefigaro.fr), avec AFP
    05/09/2008 | Mise à jour : 14:34
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    Ce proche de Ségolène Royal juge qu'au PS, «il faut cesser l'hypocrisie de ceux qui désignent le MoDem comme le mal absolu», et envisager à terme «un contrat de gouvernement» entre les deux formations.

    Réputé pour son franc-parler, Vincent Peillon en fait à nouveau l'éclatante démonstration. Alors que le PS souffre d'une absence de leadership et ne parvient pas à déterminer sa ligne politique, ce proche de Ségolène Royal estime dans un entretien à Libération qu'au PS, «il faut cesser l'hypocrisie de ceux qui désignent le MoDem comme le mal absolu, le symbole de la dénaturation du socialisme». Mais le député européen va plus loin sur l'épineuse question des alliances. Beaucoup plus loin : «Si l'on veut battre la droite de Sarkozy, il faudra bien entrer dans un débat sincère (avec les centristes) qui pourrait à terme déboucher sur un contrat de gouvernement».

    Alors que François Bayrou ouvre ce vendredi la première université d'été du MoDem, Vincent Peillon rappelle les alliances avec le MoDem «au premier tour des municipales (de) Michel Destot à Grenoble, Martine Aubry à Lille et tant d'autres». En réalité, Aubry n'avait fait alliance avec le MoDem qu'au second tour après avoir rassemblé la gauche au premier. Pour lui, «si Bayrou avait été cohérent, il aurait dû soutenir Ségolène Royal au second tour de la présidentielle. C'était la clé pour battre Sarkozy». «A lui de faire un pas de plus et de constater que le ni droite ni gauche, ça ne marche pas», déclare encore Vincent Peillon.

    Double hypocrisie à lever, chez Bayrou comme au PS

    Par ailleurs, répondant à Bayrou pour qui «l'idéologie du socialisme est déracinée», il affirme au contraire que «c'est Bayrou qui est déraciné. Nous restons les mêmes, et lui change», évoquant sa présence avant 2002 dans des gouvernements de droite et, jusqu'en 2007, dans la majorité présidentielle.

    Il relève enfin que «les résultats aux municipales et aux législatives n'ont pas apporté la preuve d'un déracinement du socialisme» et que François Bayrou, avec trois députés, «a emporté ses rares victoires aux municipales essentiellement lorsqu'il était allié avec nous!». Pour lui, «il y a une double hypocrisie à lever, chez Bayrou comme au PS. Au Parlement européen, les partisans de Bayrou siègent dans le groupe libéral, dont les votes sont en complète contradiction avec ce qu'il professe aujourd'hui. Il devra choisir aux élections européennes de 2009».

    Dur avec le MoDem, Vincent Peillon l'est aussi avec son propre parti. Lundi, sur RMC, il avait estimé que le Parti socialiste devrait «sortir» de sa direction «une dizaine d'individus qui sont éternellement malfaisants, qu'on connaît, qui ont été de toutes les combines, qui sont assis au secrétariat national depuis 25 ans et qui sont généralement ceux qui font les constructions les plus compliquées dans les avant-congrès». Ils doivent «maintenant prendre gentiment leur retraite», avait-il ajouté. «Cela fait 25 ans qu'ils pourrissent la situation, ça fait 25 ans qu'ils font des combinaisons, ça fait 25 ans qu'ils trahissent leurs propres amis, je pense qu'on peut faire sans eux», a-t-il insisté, sans donner de noms mais en estimant qu'«ils se reconnaîtront».

    Interrogé sur quelques personnalités, il avait jugé que le fabiusien Claude Bartolone est «sans doute un mécanicien qui devrait prendre un peu de repos». Quant à Laurent Fabius, il a jugé que l'ancien premier ministre, qui soutient désormais Martine Aubry, devrait «arrêter de changer d'avis tous les deux ans» et de «fomenter des combinaisons invraisemblables».

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