• Le casse-tête d'Aubry
    pour former son équipe

    Nicolas Barotte
    02/12/2008 | Mise à jour : 21:31
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    Martine Aubry s'entretient avec le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, mardi au Palais Bourbon.
    Martine Aubry s'entretient avec le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, mardi au Palais Bourbon. Crédits photo : AFP

    La première secrétaire doit composer avec toutes les sensibilités du parti.

    Retour à l'Assemblée nationale pour Martine Aubry. Plus de six ans après avoir été battue aux élections législatives, la maire de Lille a retrouvé mardi ses camarades du Palais Bourbon. Mais cette fois en tant que première secrétaire du PS. «Cette maison, elle est la tienne», lui a assuré Jean-Marc Ayrault, le patron des députés socialistes, en l'accueillant à la réunion du groupe. «Nous voulons tourner la page des temps compliqués que nous venons de traverser», a-t-il ajouté . Les élus étaient nombreux. Mais l'ambiance n'était pas à la liesse : les questions à régler par le PS sont encore nombreuses ; en premier lieu, la composition de la direction.

    Moins d'une semaine après sa désignation aux forceps, Martine Aubry effectue ses premiers pas en tant que leader de l'opposition. Mardi, elle s'est adressée aux députés socialistes : «Il faut que nous travaillions mieux entre le parti et les groupes» parlementaires, a-t-elle réclamé. La maire de Lille a promis qu'elle serait elle-même présente «à chaque fois ou autant que possible» à la réunion du groupe. Alors qu'une large partie des députés ne lui sont pas acquis, Martine Aubry a pris soin d'adopter le ton du rassemblement. «J'ai besoin de vous collectivement» , a-t-elle lancé . Son objectif est de remettre le parti au travail. Assis au premier rang, son prédécesseur, François Hollande, accueille ces commentaires sans broncher.

    Des élus bons élèves

    Tous les élus, mardi, étaient soucieux de taire leurs divergences. Au cours de la réunion, quelques-uns ont rivalisé pour apparaître comme de bons élèves. Les prises de parole ont été plus nombreuses qu'à l'accoutumée. «Je me suis demandé si c'était le prochain secrétariat national qui s'exprimait ?, s'interroge, en plaisantant, un député à la sortie. J'aurais peut-être dû poser une question...»

    La composition de la prochaine direction du PS est le casse-tête de la semaine pour Martine Aubry. Elle y consacre tout son temps, avant même les recrutements pour son cabinet. La première secrétaire doit présenter samedi le nouveau secrétariat national. Il devra être approuvé par le parlement du parti, où les troupes de la maire de Lille ne sont pas majoritaires seules. C'est pourquoi elle doit composer avec toutes les sensibilités du PS. Les discussions progressent. Mardi soir, Martine Aubry devait transmettre aux autres courants le texte de sa «feuille de route».

    Ensuite, il faut discuter des postes. Martine Aubry a promis une direction profondément «renouvelée». À Benoît Hamon, le leader de l'aile gauche, 41 ans, les aubrystes ont fait miroiter la fonction de porte-parole. Mais le député européen demande des engagements sur le fond - plus à gauche - que les autres courants auront du mal à accepter. Le bras droit de Bertrand Delanoë, Harlem Désir, pourrait prendre du galon, mais sa ligne politique semble difficilement compatible avec celle de Benoît Hamon.

    Ségolène Royal fait aussi monter les enchères au motif qu'elle a obtenu près de 50 % lors du vote des militants. Alors qu'elle contestait la légitimité de Martine Aubry la semaine dernière, elle a changé de point de vue : elle est prête désormais à travailler avec la maire de Lille. Son équipe et elle sont «disponibles» pour prendre des postes. Les regards se tournent surtout vers Vincent Peillon, son bras droit, à qui les partisans de Martine Aubry tendent des perches. Enfin et surtout peut-être, la première secrétaire ne devra pas oublier ses propres soutiens, qui veulent «être payés» en retour.

    Sur le papier, l'équation semble impossible. Pour autant, Aubry se dit «confiante» : personne n'a intérêt à rejouer le jeu des divisions. «C'est toujours difficile de composer une direction, pense au contraire un ancien ministre. Il y a des boutefeux dans chaque camp.»

    La prochaine direction devrait comporter entre 20 et 25 membres, soit moitié moins que l'équipe sortante. Elle sera composée d'un secrétariat opérationnel concentré sur les fonctions essentielles du parti et d'un «contre-gouvernement» chargé de riposter à la politique de Nicolas Sarkozy.

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