La Bourse de Paris conserve une petite avance, +0,76% à 3.740 points, à midi. La matinée a été très fébrile, alors que les craintes demeurent sur la solidité du système financier mondial. Les bancaires continuent de céder du terrain, emportées par Dexia. Les SSII, Capgemini en tête, chutent lourdement après l'avertissement de SAP.
Tendance erratique ce mardi à la
Bourse de Paris
. A la mi-séance, l'indice Cac 40 est en petite hausse au terme d'une matinée très fébrile. Après avoir gagné jusqu'à 4% dans les premiers échanges, le baromètre de la
Bourse de Paris
a ensuite effacé tous ses gains, repassant temporairement dans le rouge, avant de repartir brutalement en hausse. Les investisseurs sont manifestement désorientés, tiraillés entre l'envie de réaliser des achats à bon compte après la chute de 9,04% hier et la crainte de nouvelles défaillances bancaires en Europe. Les dernières nouvelles dans ce domaine ne sont guère encourageantes, alors que, selon Reuters, le Trésor britannique et certains dirigeants de banques auraient évoqué hier la possibilité d'une recapitalisation par l'Etat des banques britanniques. Hier soir, Bank of America a annoncé son intention de lever prochainement 10 milliards de dollars et de diviser par deux son dividende afin de renforcer ses fonds propres, après avoir annoncé une baisse de 68% de son bénéfice net au troisième trimestre. Logiquement, les valeurs financières sont toujours pression aujourd'hui. En baisse également, les SSII et les éditeurs de logiciels pâtissent de l'avertissement sur chiffre d'affaires de SAP.
A midi, l'indice Cac 40 gagne 0,76% à 3.740,07 points. Les principales autres places européennes sont en baisse. A Londres, le Footsie recule de 0,32% à 4.574,69 points, tandis qu'à Francfort, le
Dax
baisse de 0,22% à 5.375,26 points.
Du côté des matières premières, le baril de WTI livraison novembre progresse de 2,12 dollars à 89,92 dollars. Un rebond que la plupart des opérateurs considèrent comme technique, sur fond de faiblesse générale des grandes économies mondiales et de recul de la demande de matières premières et de pétrole. Sur le marché des changes, l'euro faiblit légèrement face au dollar. Il s'échange actuellement à 1,3560 après avoir franchi la barre des 1,36 ce matin. Il s'affiche toutefois en hausse par rapport au plus bas de 1,3444 atteint dans la soirée d'hier, dans le sillage des inquiétudes suscitées tout au long de la séance par les valeurs financières du Vieux continent.
Peu de rendez-vous sont programmés sur le plan statistique aujourd'hui. L'agenda de ce jour est essentiellement dominé par les interventions de Ben Bernanke, de Jean-Claude Trichet et la réunion de l'Ecofin. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, prendra la parole à 18 heures 30, dans le cadre des Assemblées annuelles du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale. Plus tard dans la soirée seront publiés le compte-rendu de politique monétaire de la Fed du 16 septembre. En Europe, le Conseil des Affaires économiques et Financières (Ecofin) qui rassemble les ministres européens des Finances, se réunit à Luxembourg. Autant de rendez-vous qui seront suivis avec attention par les boursiers, alors que l'espoir d'une baisse des taux concertée en Europe et aux Etats-Unis a été relancé par la décision de la banque centrale australienne de réduire de 100 points de base ses taux d'intérêt - la plus forte baisse depuis 16 ans -. Sur le plan économique, les commandes aux entreprises d'août en Allemagne ont, contre toute attente, progressé de 3,6% au mois d'août. Un peu plus tôt dans la matinée, on a appris que la production industrielle a reculé de 0,6% en août en Grande-Bretagne, donnant un repli de 2,3% sur un an, soit sa plus forte baisse depuis mars 2005.
Côté valeurs, les financières restent sous pression. Dexia poursuit sa chute, -8,52% à 6,23 euros, après avoir dégringolé de plus de 20% hier. Le Premier ministre belge Yves Leterme a indiqué hier soir que de nouvelles décisions de concert et des initiatives vont être prises en vue de renforcer l'établissement. Par ailleurs, Pierre Mariani, membre du comité exécutif de BNP Paribas, a été nommé administrateur délégué de la banque, et l'ancien Premier ministre belge Philippe Dehaene président de l'établissement financier. Société Générale recule de 1,52% à 59,60 euros. Natixis cède 1,33% à 2,22 euros, sur fond de discussions en vue d'un rapprochement entre les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires, ses actionnaires de référence. BNP Paribas s'en sort mieux, +1,75% à 68,68 euros, alors que Fitch a confirmé la note long terme AA de la banque après l'annonce du rachat des activités belges et luxembourgeoises de Fortis. Standard & Poor's a pour sa part abaissé de « stable » à « négative » la perspective des notes de crédit de la banque française.
Les SSII et éditeurs de logiciels sont également à la peine, affectés par l'avertissement sur chiffre d'affaires lancé hier soir par l'allemand SAP. Capgemini lâche 9,53% à 26,23 euros, après avoir déjà chuté de 12,77% hier. GFI Informatique chute de 7,14% à 3,25 euros, tandis que Groupe Steria, déjà en baisse de plus de 10% hier, cède 5,27% à 12,94. Aux éditeurs de logiciels, Dassault Systèmes rétrograde de 6,40% à 31,02 euros.
Les pétrolières et parapétrolières s'inscrivent en hausse, soutenues par la reprise du cours du baril. Total prend 3,31% à 40,13 euros, tandis que Vallourec, qui avait chuté de 16% hier, reprend 3,12% à 116,01, parmi les plus fortes hausses de l'indice Cac 40. Au SRD, Schlumberger progresse 4,39% à 50,70 euros, tandis que Total Gabon gagne 4,19% à 322,99 euros. A contre-courant, Maurel & Prom cède 1,54% à 9,58. Le groupe a annoncé avoir décidé de procéder à un ajustement en baisse de ses comptes du premier semestre afin de prendre en compte une charge comptabilisée initialement au deuxième semestre.
Air France-KLM avance de 0,74% à 14,24 euros. Le trafic de la compagnie aérienne a cru de 0,5% au mois de septembre, pour des capacités en hausse de 2,2%. Le coefficient d'occupation recule ainsi de 1,4 point à 80,9%. Hier, la compagnie franco-néerlandaise a par ailleurs annoncé une baisse de la surcharge carburant, compte tenu du repli du baril du brut. Cette baisse sera de 2 euros par segment sur les vols domestiques, de 3 euros sur les vols moyen-courriers et de 15 euros sur les vols long-courriers et très long-courriers. Elle s'applique aux billets au départ de France émis à partir d'aujourd'hui.
Bonduelle a publié un résultat net annuel de 51,2 millions d'euros, en repli de 1,2%. Le résultat opérationnel courant du spécialiste des légumes en conserve ou surgelés progresse néanmoins de 17,4% à 98,6 millions, dans la lignée d'un chiffre d'affaires en hausse de 18,9% à 1,49 milliard. Bonduelle baisse de 3,38% à 55,20.
Enfin, Wavecom a souligné le caractère hostile de l'offre publique d'achat lancée par Gemalto. Le groupe juge inadéquate le prix de 7 euros par action offert par le fabricant de cartes à puce. Wavecom gagne 1,53% à 6,65 euros, tandis que Gemalto baisse de 1,77% à 23,30.


















