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2 mai 68 : Occident ou les fafs et la terreur rouge

Posté par Charif le 02.05.08 à 09:15 | tags : mai 68

Le 2 mai, les locaux de la FGEL (Fédération Générale des Etudiants en Lettre) sont incendiés à la Sorbonne. Les soupçons se dirigent tout de suite vers le mouvement « Occident »: un cercle barré d'une croix celtique, symbole du mouvement, est retrouvé sur les mur du local calciné.

L'agitation gagne alors la faculté, et une rumeur va accélérer l'enchaînement des évènements. Les militants d'Occident vont, avec l'aide d'anciens parachutistes, donner l'assaut à la fac de Nanterre, pour en déloger les occupants. Un vent de panique souffle sur l'université et le campus se transforme alors en vrai camp retranché. L'attaque n'aura pourtant pas lieu, et c'est le lendemain, le 3mai, que les mutins de Nanterre investissent le quartier Latin.


Mais revenons à « Occident » et ses militants. Le mouvement est fondé en 1964, dissous en 1968 pour se restructurer son l'appellation GUD (Groupe Union Défense). En pleine guerre froide, le mouvement se construit autour de la haine viscérale du communisme. Le mot d'ordre est on ne peut plus clair : « Tuez les communistes partout où ils se trouvent! ».

Ouvertement raciste et xénophobe, « Ce que nous refusons comme irréel, c'est la vision égalitaire qui prétend faire de l'humanité un ensemble de petits cubes égaux entre eux. De toute évidence, les hommes sont inégaux Général De Gaulle, qualifié de « bradeur » de l'Algérie Français. A tel point que lors de la révolte étudiante de mai 68, les militants d'Occident sont tiraillés entre rejoindre les barricades et renverser De Gaule, ou soutenir le gouvernement contre les gauchistes mais la haine des "rouges" restera la plus forte.

Occident c'est aussi le boulet que la droite a au pied, son "trotskysme" à elle, et qui explique peut-être en partie, ce dégoût de l'héritage soixante-huitard dans les rangs sarkozyens. Car quelques personnalités émérites ont fréquenté le sympathique mouvement das leur adolescence politiques :

-Patrick Devedjian : « Je ne me suis jamais caché de mon passé. J'étais d'origine arménienne et c'était aussi une façon, pour moi, de me sentir français. J’étais anticommuniste et, finalement, je n’ai pas changé. Je me suis engagé pour la cause de l’Algérie française. J’ai quitté Occident en 1966, après avoir découvert Raymond Aron. Ce mouvement n'avait rien à voir avec l'extrême droite de Jean-Marie Le Pen. C'était une autre époque, on ne peut pas comparer... »

-Alain Madelin : « J'étais animé par un anti-communisme militant, extrême et passionné, qui a accompagné une bonne partie de ma vie d'étudiant. Et comme à ce moment-là, la France de l'anticommunisme était marginalisée, nous avons été systématiquement confinés à l'extrême droite. En face, ils étaient pour Mao et Pol Pot, pour les Gardes rouges et pour les Khmers rouges. Je ne regrette pas de ne pas avoir choisi ce camp-là ».

-Hervé Novelli : « J’étais plus jeune que les autres, mais j’étais spontanément du côté de l’ordre. A l’époque, il n’y avait rien entre l’extrême droite et l’extrême gauche. Je n’ai pas un regret, Occident, c’était un engagement anticommuniste dans lequel je me reconnais toujours. C’est une époque révolue, il en reste une sorte d’amitié liée à l’adolescence. Ne tombons pas dans le piège de la béatification de l’extrême gauche et de la diabolisation de l’extrême droite ».

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