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Congrès du PS : la gauche comprime le Mollet

Posté par Easywriter le 30.06.08 à 18:07 | tags : ps, décryptage, opposition

En marge des différentes contributions présentées lors du Congrès national du PS, les procès en archaïsme faits à certains membres du parti ne manquent pas. Mais les critiques viennent surtout de l'intérieur, la droite se contentant sans forcer de stigmatiser à l'occasion une pétaudière socialiste incapable de faire son deuil du marxisme.

En interne la référence à un passé plus récent mais considéré comme tout aussi atroce tient la corde : la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO)- comprenez la forme qu'avait le PS au 20 ème siècle avant l'ère mitterrandienne.

C'est Jean Glavany, qui synthétise le mieux cette critique : "Quand on met bout à bout le délitement du pouvoir central, notre incapacité à avoir une stratégie unique d'alliances pour les municipales, la tentation du centre, la floraison de contributions des grands barons locaux qui font pression sur leurs élus, et la multiplication des candidats sur le thème "surtout pas une personnalité d'envergure", on est en plein dedans! ( dans la SFIO NDLR).

L'ancien ministre jospiniste, et donc désormais "delanoïste", stigmatise surtout ce qu'on a coutume d'appeler le "molletisme", du nom de Guy Mollet dernier président de conseil de gauche de la quatrième République, et, pour ce qui nous intéresse ici, dernier secrétaire général de la Section française de l'internationale ouvrière.

Le molletisme décrié se signifie grosso modo par deux attitudes, le refus du leadership de parti et la multiplication acrobatique d'alliances contradictoires.
Au gré des calculs électoraux, les barons locaux socialistes s'alliaient à la fin des années 1960 tantôt avec les communistes tantôt avec le MRP (mouvement républicain populaire plutôt démocrate chrétien).
Les considérations tacticiennes - ou le pragmatisme politique selon votre goût pour les penchants manoeuvriers - ont fini par vider la SFIO de toute vitalité politique et de soutien populaire (et effectivement tout de suite ça rappelle quelqu'un).

Ce molletisme qui minerait le PS de 2008 est également stigmatisé par Jack Lang :
"Martine Aubry et ceux qui signeront sa contribution en ont assez de ce molletisme rampant qui en permanence fait prévaloir les petites tactiques, les petits compromis sur les convictions".
On notera au passage l'habileté de la formule de molletisme rampant qui évoque bien l'idée de larves nuisibles avançant au sol et menaçant le pas sur et altier de ceux qui regardent l'horizon.
A ce stade il convient d'ajouter ici le deuxième reproche fait au molletisme : l'impossibilité de faire émerger un leader évident.
A la fin de la SFIO, Guy Mollet soutiendra Gaston Deferre puis Alain Savary dans l'unique espoir de contrer l'irrésistible ascension de François Mitterrand, celle-ci devant aboutir tout de même en 1971 à Epinay.

Mitterrandisme triomphant

Si tout le monde veut bien jeter Guy Mollet dans les toilettes de l'histoire, François Mitterrand, lui, reste décidémment la figure tutélaire indépassable.
Ce grand leader qui sut activer à la fin des années 1960 l'union de la gauche depuis son petit satellite de la CIR (convention des institutions républicaines) et attendre son heure tout en empêchant l'éclosion d'un concurrent trop sérieux.

Ceux qui soutiennent aujourd'hui Martine Aubry, ont bien retenu la leçon et préfèrent installer au secrétariat une femme dont ils ne jugent pas crédible le profil présidentiel le temps de préparer le leadership de 2012. Bertrand Delanoë l'a bien compris et se garde d'invectiver la maire de Lille, réservant ses piques à ceux qu'ils jugent trop individualistes (ben voyons). Les reconstructeurs voient eux aussi en Martine Aubry l'occasion d'ajourner la bataille en attendant le retour de Dominique Strauss-Kahn.

Tous pensent surtout contrecarrer l'offensive de Ségolène Royal qui en se posant en première opposante de Nicolas Sarkozy fait comme si elle dirigeait déjà le parti et joue étonnamment la partition la moins mitterandienne. Combattre et proposer, comme le dit sa virulente motion. On finira ici par rappeler qu'une autre définition du molletisme, fut ce penchant à la surenchère verbale et pseudo-révolutionnaire qui n'eut d'égale que la banalité des actions entreprises une fois au pouvoir.


Commentaires

De ufo, posté le 02.07.08 à 10:31 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Elle peut bien être molletiste ou mitterrandienne, elle est surtout morte non ?

De a.londres, posté le 02.07.08 à 20:46 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Petite notule fort interessante, surtout par sa conclusion assez cinglante (ne pas oublier non + que mollet fut celui qui cautionna la torture en algérie après s'être mangé ds la tronche trois tomates lancées par les pieds noirs d'alger).
Et on est tjours imprrssionné par la puissance dialectique des grands penseurs et winners devant l'eternel que sont  glavany (celui qui dirigea la campagne imperdable de jospin en 2002) et lang, très grand idéaliste qui courut bouffer aux rateliers sarkozyens à la 1ère occase...

De gaucho sans marx, posté le 06.07.08 à 23:42 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Le ps regorge de gens bien! La preuve : www.comfinances.fr

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