Nous sommes tous des sociaux-traitres françaisPosté par Myosotis le 27.05.08 à 18:34 | tags : élucubration
La terminologie forgée par les premiers communistes pour désigner les révolutionnaires accusés de sympathie sociale-démocrate et donc de trahir les intérêts de leur classe avait connu ses plus belles heures sous Staline et plus particulièrement au début des années 1930 où elle servait de motivation n°1 aux procès en sorcellerie. Alors que Bertrand Delanoë et Ségolène Royal affûtent les couteaux médiatiques en vue du congrès à venir, la déclaration du maire de Paris qui s'est autoproclamé "socio-libéral" en référence au libéralisme politique (on ne revient pas sur l'histoire du mouvement - merci) et non au libéralisme économique a fait renaître la rhétorique de l'injure partisane et du pointage de doigt des traîtres. D'une façon ou d'une autre, tous nos lecteurs sont potentiellement des traîtres à la classe ouvrière. La preuve : ils ont un ordinateur individuel, assorti, souvent, d'un abonnement à un provider capitaliste et enrichi au détour de mouvements spéculatifs. De gauche ou de droite, la question se pose vraiment : quel social-traître êtes-vous ? (pour le savoir, clique)
Commentaires
De Aube, posté le 27.05.08 à 22:38
![]() Vous avez raison qu'entre le sarko-socialisme et le trotzky-jospino-libéralisme, Besson est juste dans l'air du temps. L'affaire Besson me rend triste. C'est le résultat d'une blessure involontaire. besson s'est probablement senti blessé d'avoir été rappelé à l'ordre par Ségolène Royal qui avait été troublée par la férocité d'une de ses attaques contre Sarkozy. Il s'en est suivi une série d'évènements dramatiques où je crois il y a eu beaucoup de souffarnce de part et d'autre. Ségolène Royal reste fidèle à elle-même, à ce qu'elle ressent être juste. Je crois qu'elle a bien trop souffert de trahisons pour y adhérer. Le libéralisme est au socialisme ce qu'est l'égoïsme individuel à la solidarité ! La logique libérale moderne de profit égoïste, anonymisé, doit être dépassée pour des idéaux d'une nature plus universelle, pour toute la communauté, tels ceux du socialisme.
De laz, posté le 28.05.08 à 00:53 ![]() Superbe commentaire qui ne fait aucune distinction entre libéralisme politique (dont l'ump ne se soucie guère) et libéralisme économique (dont l'ump abuse -tout ça d'après moi, hein-), comme précisé d'ailleurs dans le post commenté.. Merci pour cet instant de bravoure, Aube, nous sommes maintenant sûrs que la stérilité des débats au sein du PS a de beaux jours devant elle. De Aube, posté le 28.05.08 à 13:24 ![]() @ De laz : Ah, je parle de libéralisme tel que nous le vivons au quotidien : économique. La logique du boursicoteur derrière son écran, bien anonyme et déresponsabilisé, s'apprétant à agir pour le plus grand bénéfice de son égoïsme, sans aucun égard pour tout le reste de l'univers qui l'entoure de partout. Le libéralisme moderne, c'est aussi le capitalisme financier dont la seule guidance est l'argent et encore l'argent, au mépris de toute dignité humaine, de toute solidarité et de tout ce qui peut créer une indulgence entre les êtres.
C'est ainsi que nous le vivons et le percevons dans une économie anonymisée et mondialisée. Si Delanoë veut ressortir des définitions d'il y a 150 ans, alors il ne sera certainement pas compris ainsi, c'est sûr http://aubedefrance.blog.20minutes.fr
De laz, posté le 29.05.08 à 19:22 ![]() Et le respect des libertés civiles, le flicage, fichage, la lutte contre les tests ADN, contre l'impuissance de la CNIL/ son inutilité, contre les contrôles d'identité à l'envi... c'est du boudin ? La mort du lbéralisme dans le domaine politique se joue aussi tous les jours, mais il semble que tout le monde s'en branle, et toi la première. Quant à ressortir des définitions d'il y a 150 ans, et bien c'est peut-être la meilleure chose à faire: au moins on arrêterait d'appeler libéralisme ce qui n'en est pas. Car le libéralisme moderne est peut-etre pas vraiment du libéralisme... d'après la définition d'il y a 150 justement. Ca aurait aussi évité au PS de tomber dans le piège de l'antilibéralisme primaire depuis 20 ans et de passer pour de gros méchants marxistes. Et je pense que c'est ce qu'essaye d'enrayer Delanoë. Enfin, j'espère. Essaye voir de réfléchir au fait que ce que la gauche a perdu au final, c'est surtout la bataille sémantique. Quelqu'un, quelque part a changé le sens des mots. Et au final ça a donné ça. Et pour ta gouverne, le libéralisme et le capitalisme, ce n'est pas la même chose, on ne peut pas prendre l'un pour l'autre. De Bastiat, posté le 31.05.08 à 16:29 ![]() D'autant plus que parler de libéralisme économique de l'ump c'est assez... amusant. Entre les subventions aux entreprises, le protectionnisme économique, l'augmentation des taxes en tout genre (copie privée, redevance télé...), le refus de baisser les charges sur les bas salaires, c'est pas du libéralisme économique que fait l'UMP, c'est du bon vieux colbertisme conservateur. Quand on entend Sarkozy parler d'une régulation des marchés financiers, de TVA sociale, c'est à se demander si l'UMP ne devrait pas se renommer en Parti social démocrate... Y'a plus de partisans de Christine Boutin à l'UMP que de Madelain, c'est peu dire. De marie, posté le 02.06.08 à 11:43 ![]() Quand je vois Besson, j'ai des envies de meurtres. C'est normal, alors ? De flyer, posté le 04.06.08 à 22:20 ![]() C'est super drôle, Myomyo, tu gères. :) Ajouter un commentaire |
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