Rencontre aujourd'hui avec Andy Yao, un des pontes de 51.com. Ce réseau social, mix de Facebook et de MySpace made in China, poussé par un business model intelligent, promet d'être rentable pour la mi-2009. Au menu de 51.com, une foule de petits jeux, comme la recherche de différences entre deux clichés quasi identiques, et qui, révélées, permet à l'internaute de devenir ami avec la personne en photo... Les ados Chinois adorent... Et bien, en fin d'entretien, ce fameux Tao Bao explique que MySpace ne lui fait pas du tout peur, le site de social networking américain n'ayant pas pris suffisamment le pouls des goûts des internautes en Chine. Ce n'est pourtant pas un marché à négliger !
Avec 253 millions de surfeurs, la Chine apparaît déjà comme le pays qui compte le plus d'internautes au monde. Mais c'est également le pays qui a le plus de potentiel: à la campagne, seules moins de 10% des Chinois sont connectés. Avec une population de plus d'un milliard d'habitants, je vous laisse imaginer le potentiel. Quand la Chine se connectera...
Le point de vue de Yao montre bien que les boites internet occidentales ont bien du mal faire leur trou en Chine. Alors qu'eBay doit affronter la rude concurrence de TaoBao, que Facebook n'y possède toujours de bureau physique, et que Twitter est inconnu des Chinois, les locaux n'ont, pour l'instant, pas trop de soucis à se faire au pays de la Grande Muraille. Seuls Microsoft, et peut-être Yahoo!, qui s'était offert une participation significative dans Alibaba.com, tireraient leur épingle du jeu. Reste que l'Internet Chinois n'est pas qu'une partie de plaisir pour les acteurs actuels. Malgré son succès, 51.com doit se méfier de l'émergence de Kaixin001, autre service de social networking, et qui, en moins de huit mois, a fait une percée foudroyante.
PS : Quid de la censure sur Internet? En marge de l'entretien, Andy Dao explique qu'il a détaché une équipe de 100 personnes uniquement pour scruter les 10 000 photos (!) qui sont postées chaque jour sur 51.com. Les cas de litige? Quelques 0,2% de clichés qui seraient considérés comme pornographiques, nous confie Andy Yao, et qui sont donc retirés immédiatement. Et les cas de censure politique? Tao Bao promet n'avoir jamais, à ce jour, livré un quelconque nom d'adolescent qui manquerait de respect aux autorités chinoises. Voir à ce sujet, cette un passionante note qui décrit le bras de fer actuel qui se joue entre moteur de recherche et site de réseaux sociaux, et qui devrait peser sur l'avenir de la liberté d'expression en ligne...








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